Monsieur Redeker et Voltaire
Et voici la France revenue cent ans en arrière. La voici à nouveau menacée par l’ombre, que tant de grands hommes avaient fait reculer.
" Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ", disait Voltaire, disait la France, criait la République.
Depuis, on pouvait " bouffer du curé " si l’on voulait, dire que le capitalisme était une voie indigne, le communisme une erreur criminelle, l’extrême droite et le fascisme des abominations, le racisme un crime, le judaïsme un communautarisme archaïque, le socialisme un luxe pour Bo-Bos, le catholicisme une bondieuserie ridicule, etc.
On pouvait haïr la télé, le bouddhisme, la crème renversée, la Bible, et le dire haut et fort. Brassens, Brel et les autres…
Mais ne pas aimer l’Islam, non.
Lire le Coran, en déduire librement que l’Islam est violent, c’est interdit, c’est plus grave.
Mahomet avait plusieurs femmes. A-t-on le droit de dire qu’il était polygame ?
Mahomet a épousé Aïcha à 6 ans et l’a déflorée à 9, a-t-on le droit de le dire pédophile ?
Il a tué et fait tuer, a-t-on le droit de le dire violent ?
Et même si c’était faux, est-il interdit d’avoir tort ou d’être stupide ? Cela est-il passible de mort ?
Monsieur Redeker vit caché, lui et sa famille innocente de tout, car il a reçu des centaines de menaces de mort, et des sites Internet ont diffusé les adresses et autres détails à destination de ceux qui voudront le tuer.
J’ai entendu ce matin M. de Robien, son ministre, le défendre du bout des lèvres, sans vraiment s’engager, avec des " mais " coupables. Un ministre de la République ! La solidarité a visiblement des limites, et il y a des combats qui révèlent les lâchetés.
Quelles excuses va-t-on trouver à laisser tuer un homme pour ses idées ? Il a mal choisi son moment ? Il a manqué de mesure ? La voisine de palier de sa cousine vote à l’extrême droite ?
Non, il n’y a aucune excuse à trouver à la censure, à la violence, à l’appel au meurtre.
La liberté d’expression est en danger.
Qui, aujourd’hui, assumerait d’être taxé d’islamophobie ? Pourtant, tout le monde assume d’être cathophobe, anti-communisme, anti-capitaliste, etc. Pourquoi l’idéologie musulmane serait-elle intouchable, préservée de tout débat ? Au nom de quoi ? De Dieu ? Lequel ?
Personne n’a le droit d’imposer sa vérité et d’interdire qu’on la débatte. Les démons de 1905 sont de retour.
Pour moi qui ai lu un peu le Coran, je reconnais que la quatrième sourate est troublante. Les hommes y sont " supérieurs " aux femmes, si on a un doute sur la sincérité de son épouse, on doit " l’enfermer et la battre ", et les apostats sont clairement désignés comme passibles de mort : " tuez-les ! ".
Bref, pas beaucoup mieux que la Bible, et je pense que cela mérite au moins qu’on en discute, ne serait-ce que pour comprendre que cela doit être interprété.
L’État (et M. de Robien), tolèreront-ils qu’un homme soit de fait condamné à la prison, sans avoir été jugé par un Tribunal ? Comment la République va-t-elle réagir à cet affreux coup de canif dans le contrat ?
Quand j’ai entendu les phrases du ministre, j’en ai presque pleuré…
Plus personne ne doit être inquiété, en France, pour ses opinions. Et chacun doit être vigoureusement défendu.
J’attends que les musulmans de France manifestent en faveur de cet homme, se désolidarisant des bouchers, faisant leur la phrase de Voltaire :
" Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. "
Les musulmans de France seront-ils dignes de Voltaire ? S’ils le font, je descendrai avec eux dans la rue, en frère. J’ai vécu le Ramadan avec les Marocains, il y a plus de soixante ans, et je serai heureux, Place de la Bastille, de mener à nouveau un combat fraternel aux côtés des Musulmans de France.
Mais qu’ils le fassent, bordel, qu’ils le fassent !
Frères musulmans, un homme dont la vie est menacée pour ses idées attend après vous. Levez-vous ! Soyons tous Français, amoureux de la lumière et adversaires de l’obscurité.
Ah ! Les mots de Voltaire sur une bannière verte, sur toutes les bannières !
Si cet abruti de Bon Dieu me fait disparaître avant de voir ça, je lui crache sur la barbe.
