le blog de Firmin

27.10.06

Faire des enfants est-il moral ?

Il y a des idées évidentes, des vérités auxquelles on n’ose pas toucher. Parce que c’est comme ça.
Et pourtant…

Vous le savez, j’adore les enfants. Ils sont et ont été la première chose pour laquelle je serais prêt à donner ma vie. Chaque enfant est l’espoir d’un monde meilleur. On ne voit en lui que ce qu’il fait et fera de bien, mais aussi son avenir, forcément radieux.

Pourtant, toute ma vie, j’ai été incapable de répondre à la question : « est-il moral de faire des enfants ? » Je reconnais évidemment que cette question surprend, choque, mais je n’y peux rien. Il faut faire ce qui est juste, jusqu’au bout.
Il y a bien sûr de nombreux arguments pour répondre par l’affirmative. Et c’est sans doute à ces raisons-là que je me suis rendu, puisque j’en ai fait quatre… et des beaux !
En effet, il n’y a rien de plus beau qu’un rire d’enfant. Les enfants apportent un bonheur incomparable. Mais cela suffit-il à rendre la chose morale ?
N’est-ce pas juste égoïste ?
On ne peut jamais être sûr que l’enfant que l’on met au monde sera heureux et ne souffrira pas. Comment être certain qu’on ne crée pas un être qui connaîtra l’horreur ? L’enfant qui n’est pas né souffre-t-il de ne pas exister ?

Bref, j’ai toujours trouvé qu’il y avait un « risque moral » à faire des enfants. C’est donc par simple égoïsme que je suis devenu père, ce qui m’a apporté le plus grand bonheur de ma vie.
Je parle bien d’un « risque moral », pas d’une certitude. Il y a en effet beaucoup de chances pour que faire des enfants soit une bonne action, mais on ne peut exclure totalement que cela en soit une mauvaise. Le fait de permettre à l’Humanité de se perpétuer ne me semble pas une raison suffisante pour attirer un enfant de plus sur cette terre de souffrance, avec la mort pour conclusion garantie. Celui qui souffre se fiche bien que sa mission en venant sur terre soit de perpétuer l’espèce. D’ailleurs, si l’Humanité disparaissait par manque de renouvellement, qui pourrait bien en souffrir individuellement ? Car c’est bien l’individu qui souffre, c’est bien le bonheur de l’individu qui compte. Pas le bonheur de l’espèce, qui n’est qu’une chose abstraite. Une espèce ne souffre pas.
Le dernier éléphant qui meurt souffre-t-il davantage d’être le dernier à mourir que les précédents qui ne l’étaient pas ?
Les Cathares autrefois, et les bouddhistes maintenant, pensent d’ailleurs ainsi.

Ce doute sur la question m’a toujours gêné, bien que je n’aie jamais eu de solution évidente au problème.

Mais l’on apprend à tout âge et être con toute sa vie ne condamne pas à continuer à l’être.
C’est ma petite-fille Virginie qui m’a ouvert les yeux. Merci à elle, qui sait emmener ses pensées hors des sentiers battus où nous nous entassons tous. Merci à elle d’être ainsi tellement meilleure que je n’ai su l’être.

Avant même d’avoir son premier enfant, Virginie s’est posé la question avec son mari. Elle a malgré tout porté un enfant, et tout s’est parfaitement passé.
Mais quand il s’est agi du second, Virginie nous a annoncé que, bien qu’en parfaite santé, elle et son mari préféraient adopter. Par conviction personnelle.
Dès qu’elle eut dit cela, tout s’est immédiatement imposé à moi.
Évidemment ! Si l’on peut avoir un doute quant à savoir s’il est bien de faire des enfants, il n’y en a aucun en cas d’adoption.
On a ainsi la joie d’aimer un enfant, sans qu’aucun doute moral ne puisse subsister.
Assurément, recueillir un enfant qui existe déjà, ce n’est pas en rajouter un sur terre !

Ceux qui croient à la valeur du sang détestent bien sûr cette solution. C’est donc une raison de plus pour la préférer !
Adopter un enfant, c’est reconnaître au sein de la famille une sorte de « droit du sol » et non un « droit du sang ». Quelle belle chose ! Quel progrès ! Quelle victoire sur la Nature et sur nos pulsions !
Fait-on des enfants pour transmettre ses gènes ou pour transmettre ses valeurs ? Toute la question est là !

Virginie a donc réalisé les démarches pour obtenir l’agrément, puis pour demander un enfant à la DASS. Elle se méfiait des filières à l’étranger, parfois douteuses, et préférait adopter un enfant en France.
L’attente a été beaucoup plus courte que nous le pensions tous. En réalité, bien qu’ayant demandé un enfant de n’importe quelle origine, le fait que son mari soit Noir a influencé le conseil de famille, qui souhaitait donner à un petit enfant noir une famille « compatible ». Bien que je trouve la chose discutable (sans plus), cela lui a permis d’avoir un enfant rapidement, c’est-à-dire en moins de 3 ans je crois. Car les enfants noirs, paraît-il, sont trois fois moins demandés par les familles. Incroyable, n’est-ce pas ?

Je suis donc l’heureux arrière-grand-père de quelques petits enfants de toutes les couleurs.

Si j’avais perdu la vie en combattant les Nazis, je n’aurais pas eu de descendance… et ma petite-fille n’aurait jamais pu donner cette merveilleuse réponse à leur idéologie infernale.

Nier la primauté du sang pour y substituer celle des valeurs et de l’amour, n’est-ce pas la plus belle façon de vaincre notre animalité pour devenir humain ?

Peut-être faudra-t-il y penser pour notre République…

Merci Virginie.

(P.S. : toute ma famille ne souhaitant pas « subir » les conséquences du blog du Papy, j’ai changé le prénom de « Virginie » et je ferai dorénavant de même pour tous les autres. Je m’efforcerai également, à leur demande, de ne pas faire apparaître ici d’éléments permettant d’identifier notre famille. C’est sans doute dommage, mais ma liberté de m’exprimer sur tous les sujets n’en sera finalement que renforcée ! Et j’en profiterai, soyez-en sûrs !)

22.10.06

La police et la Loi...

J’ai eu l’occasion de vous expliquer pourquoi, selon moi, la Loi est une notion de gauche, ou en tout cas une idée au service des plus vulnérables. Sans elle, c’est le retour de l’arbitraire, et le plus fort peut alors imposer sa domination comme la Nature le lui permet.
Sans la Loi, les faibles sont à la merci des abus des forts, et aucune limite ne s’impose aux puissants.
J’aime la Loi républicaine.

Alors, me direz-vous, je devrais être l’ami de la Police !
Tous les amoureux de la Loi, tous ceux qui veulent une société juste et équitable, devraient aimer la Police !
Et, en allant plus loin, la Police devrait aimer les plus faibles, les petits, les malheureux !

C’est étrange, car il suffit d’écrire ces lignes pour ressentir comme un malaise…

J’ai été maire de nombreuses années, et je sais, comme vous, que ce n’est malheureusement pas le cas.
Nous avons au contraire une Police qui vouvoie la cravate et tutoie la casquette en arrière. Notre Police ignore jusqu’à l’utilisation des clignotants sur la route et décide elle-même des lois qu’elle va bafouer ou appliquer sur son territoire.
Nous avons une Police parfois plus prompte à protéger les biens qu’à défendre les vies humaines.

Nicolas était convaincu du contraire. Il me disait que la répression routière était aujourd’hui effrénée en France. C’est d’ailleurs ce que pense la quasi-totalité de la population.
Nous sommes donc allés en centre ville et nous sommes postés à un carrefour important, munis chacun d’un carnet. Essayez un jour.
En l’espace d’une demi-heure, nous avons constaté 21 feux rouges grillés, 43 conducteurs au téléphone, 18 absences de ceintures de sécurité (surtout des camions). Parmi ceux qui ont tourné à ce carrefour, aucun n’a respecté la règle du contournement, et près de 80% ont tourné sans clignotant.
100% de ces infractions ont été totalement impunies.
Ajoutons que, pendant cette demi-heure, deux véhicules de la Police municipale ont tourné devant nos yeux, sans clignotant et sans contourner le véhicule venant en face. En les suivant du regard, nous avons constaté qu’ils ne mettaient pas non plus leur clignotant au carrefour suivant.

Parler de tout-répressif en ce qui concerne les infractions routières est donc encore très exagéré. Ce n’est pas parce qu’on passe d’une chance sur un million à une chance sur dix mille de se faire prendre que l’on est passé dans une société ultra répressive. Voilà aussi ce qui me fait dire que cette société de la délinquance banalisée est bien mal placée pour donner des leçons aux jeunes de ses banlieues. En trente minutes, nous n’avons pas vu beaucoup de gens qui pourraient lancer la première pierre sur un jeune cambrioleur sans armes.
D’un côté, on a 5000 vies en jeu par an, et de l’autre des biens. Désolé d’être logique.

La Police, pendant ce temps, était sans doute occupée à éviter des cambriolages. Tant pis pour les poussettes qui traversaient ce carrefour.

En trente ans de mandat, j’ai vu très peu de policiers convaincus de leur rôle de protection des plus faibles. Ceux-là étaient admirables, savaient parler au clochard trouvé sur le trottoir, savaient réconforter, savaient respecter. Ceux-là étaient du côté de la Loi.
J’en ai vu bien peu.

Je crois que le problème vient de l’idée que les policiers (et sans doute la société) se font de leur rôle.
Les policiers ne sont pas, fondamentalement, amoureux de la Loi. Vous ne trouverez pas de gardien de la paix ayant le culte de la Loi.
Mais alors, me direz-vous, quel est leur repère ? Que défendent-ils ?

Après des années d’étonnement face à ce constat, je crois avoir compris où se situe le malentendu. Et il me paraît très grave.

La Police confond la Loi et l’ordre. Si vous demandez à un policier d’appliquer une loi qui va à l’encontre de l’ordre, il vous donnera tort.
Un journaliste a tenté récemment de payer sa note de restaurant, comme la Loi le permet, avec un chèque rédigé sur papier libre. Bien sûr, le restaurateur a appelé la Police. Les policiers sont arrivés, visiblement convaincus d’avoir à défendre le commerçant avant tout. L’ordre. Ils ont ensuite donné tort au journaliste et ont menacé de le coffrer sous un prétexte particulièrement malhonnête : « si vous n’avez pas d’argent, on peut vous arrêter pour vagabondage ! ».
La Loi, en l’occurrence, a été bafouée au profit de l’ordre.

Le problème, c’est que l’ordre, contrairement à la Loi, n’est pas au service des plus faibles. L’ordre favorise ceux à qui le système convient. Ceux qui craignent le désordre sont les gens installés, les « bourgeois » du système (bourgeois au sens de ceux à qui le système profite).
Et cet amour de l’ordre, et non de la Loi, est profondément inscrit dans la culture professionnelle de nos policiers. Un SDF n’est pas traité avec les mêmes égards qu’un contrevenant en costume. Un policier se méfie a priori du pauvre, et défend a priori le bourgeois. Au contraire de la Loi qui met le pauvre à égalité avec le bourgeois, dans son principe.

Que se serait-il passé si nous avions arrêté les deux voitures de police que nous avons vues, pour leur reprocher leurs infractions ? Mon âge m’aurait sans doute protégé, mais si Nicolas avait été seul ? Sans témoins ? À votre avis ?

Ceux qui pensent que l’amour de la Loi mène à une société policière, de droite extrême, devraient réfléchir plus et fantasmer moins. Ils décrivent une société de l’ordre, pas un état de droit. Leur haine de la Loi n’amènera que le pire, et nous y sommes peut-être déjà dans certaines banlieues.

La Loi, c’est autre chose. C’est la protection contre l’arbitraire, c’est la justice, c’est l’égalité de tous, ce sont des règles du jeu claires et votées librement. C’est la générosité, l’équilibre, le droit pour chacun.
L’ordre, c’est la mort du changement, la fin de la créativité, le conservatisme, la peur, la vieillesse, l’élimination de ceux qui sont en avance et donc différents.

Une Police qui aime la Loi intervient aussi vite pour un feu grillé que pour un risque de cambriolage. Elle juge les actes.
En revanche, une police qui aime l’ordre sanctionne ce qui effraie le bourgeois plus que ce qui porte atteinte à l’Homme. Elle juge les apparences.

Quand, dans notre société, je vois jusqu’à la Police confondre l’ordre et la Loi, je suis très inquiet et j’ai peur que la République soit trahie par ceux qui prétendent l’aimer.

Je sais que tout ce que je dis est inhabituel, voire surprenant. On dit « iconoclaste », je crois…
Mais sortons nos règles, mesurons la réalité, raisonnons et nous verrons bien.

C’est tellement mieux que les fantasmes qui font hurler avec les loups.

21.10.06

Nicolas accumule le retard !

Je vous prie de m'excuser.

Le retard actuel dans la publication des articles n'est pas imputable à Papy, qui est toujours aussi bavard ! Je le vois chaque week-end, nous travaillons et j'ai de très nombreuses cassettes "sous le coude", et des tas d'articles en retard...

J'ai eu une semaine très difficile et je n'ai pas pu m'y consacrer. En plus, comme nous sommes samedi, j'ai revu Papy, et une nouvelle cassette est venue s'ajouter à mon retard !

Je vous promets donc de m'y atteler dès ce soir, et je pense pouvoir reprendre les publications demain dimanche, pour certains textes déjà prêts que Papy n'a plus qu'à relire et corriger.
Merci pour votre patience.

Nicolas

14.10.06

Quel âge avez-vous ?

Suite à une discussion sans fin avec Nicolas sur l'âge des gens que ce blog peut intéresser, nous avons pensé que le mieux était encore de vous poser la question, puisque vous connaissez les nôtres !

Nicolas a donc placé un sondage dans la colonne de droite du blog. Si vous avez la gentillesse d'y répondre, nous aurons enfin une réponse à cette lancinante question...

Nicolas pensant être le plus jeune, et moi pensant être le plus âgé, nous pourrions aussi avoir tous les deux raison !

Merci à tous pour vos réponses, si cela ne vous ennuie pas, bien entendu...

13.10.06

Qu'avons-nous fait des enfants des "Indigènes" ?

Je suis allé voir, au cinéma, " Indigènes ".
Je ne vous parlerai pas du film, car l’émotion a été trop forte. Les larmes m’ont brouillé le regard jusqu’à la dernière image. Les gens se levaient déjà que j’étais encore assis, les yeux gonflés et fixés sur l’écran. Cela m’a fait autant de mal que de bien, c’est impossible à expliquer, je ne pourrais pas.

Ce gamin, Djamel, a fait là une grande chose, une chose juste.

Je devrais être mort. J’aurais dû rester près de Monte Casino.

Quelques tireurs étaient embusqués dans une maison. La bâtisse était très grande, magnifique bien que criblée d’impacts et en partie effondrée sur la droite. Nous traversions le jardin, qui montait en pente raide depuis la route où des blindés avançaient.
Il fallait faire taire les dernières résistances pour sécuriser cette route, et des tirs sporadiques partaient de cette maison. Sans doute deux ou trois Allemands rescapés pris au piège.

Nous étions une quinzaine, répartis en deux groupes.
Parvenus aux derniers massifs, cachés derrière la végétation, il nous restait environ trente mètres à parcourir pour atteindre les murs. Tout semblait calme et nous avons lancé l’assaut.
À cet instant, des rafales se sont déchaînées, venant d’une mitrailleuse que nous n’avions pas repérée, tirant d’une fenêtre du rez-de-chaussée. Le sol était labouré par les obus, et je me suis effondré, la cheville prise dans un trou que je n’avais pas vu.
Sonné, je n’ai pas vraiment entendu la seconde équipe, qui avait atteint la maison par derrière, tirer et réduire au silence la mitrailleuse.

J’ai relevé la tête.
Tout mon groupe avait été fauché. Pas un gémissement, pas un cri. Nous étions si près que les balles avaient déchiré leurs corps. Mon genou était en sang à cause d’une vilaine pierre.

J’avais 22 ans, mes amis. Vous vous rendez compte ?
Arabes ou Français, leur sang était rouge, c’était le même. J’ai vu les corps des Allemands.
Nous avions tous vingt ans et nous étions là.

Nous avions été jetés là par des gens qui pensaient que notre sang n’était pas le même, que l’Humanité se rangeait en " catégories d’hommes " et que l’Europe se répartissait entre les peuples supérieurs et les peuples inférieurs.
Les bombes de Monte Casino, puis celles de Berlin ont écrasé les hommes, ont broyé la chair et le béton.
Mais les idées survivent aux bombes.

J’ai vu un film et tout cela revient. Pardonnez-moi d’en parler encore et toujours, je vous jure que je ne voulais pas. Je voulais vous parler d’espoir et d’amour, et je m’aperçois que je ne ressasse que l’horreur de mes vingt ans.

Rendre justice aux Indigènes, ce n’est pas seulement reconnaître, si tard, leur droit à une pension digne. Ceux qui sont morts dans ce jardin, avec des rêves de France libre plein la tête, n’en ont que faire.
Étouffons les idées indignes avant que les bombes soient nécessaires. Agissons avant que les guerriers soient notre seul recours.
Munich nous a entraînés au fond de l’horreur. Qui a eu vingt ans en 1944 ?

L’Homme au-dessus de tout… La dignité humaine comme seule chose sacrée.
L’Allemagne humiliée en 1918 nous a fait goûter de son enfer.
D’autres peuples aujourd’hui vivent dans la haine de l’occident.
Le fascisme n’est pas mort sous les bombes de 1944. Il erre depuis, cherchant des cœurs humiliés et revanchards pour se réincarner.
Les Allemands de Monte Casino n’étaient pas plus mauvais que nous. J’ai vu leur sang couler, et il était aussi rouge que le nôtre.

Mais le malheur et la misère les avaient mis dos au mur. L’humilié rêve toujours, dans le secret et l’amertume de son cœur haineux, de devenir le maître à son tour. Et il n’a rien à perdre.

Nos valeurs sont bonnes et nous avons raison d’être démocrates et républicains. Ces valeurs sont universelles et chaque homme a vocation à devenir libre, libéré des dogmes et des tyrannies.
Nous avons raison. Comme nous avions raison en 1944. Mais à quoi cela sert-il d’avoir raison sous les bombes ? À quoi cela sert-il d’avoir raison tout seul ?

J’ai combattu aux côtés de musulmans qui rêvaient de libérer Paris et de lever avec nous l’oppression des fascistes. Leurs visages, si nombreux, leurs yeux qui ont vingt ans pour l’éternité, habitent mes nuits et hantent mon sommeil.
Ils ont gravi les montagnes, les pieds gelés par l’hiver 1943, pour la Liberté.

Ceux qui ne sont pas morts voient aujourd’hui leurs petits-enfants nous haïr, rejeter ces valeurs sacrées, jusqu’à refuser la démocratie, et ne comprennent pas ce que nous avons fait de leurs familles.
Comment avons-nous pu, en soixante ans, arriver à faire siffler la Marseillaise par ceux dont le grand-père s’est effondré à mes côtés, jetant sa vie dans le combat contre le racisme ?
Je voudrais tant les consoler. Je voudrais être leur grand-père, par fidélité à leurs grands-pères.
Nous nous sommes tenus chaud, dans la neige qui mordait nos orteils, mélangeant nos souffles, nos corps et nos douleurs…

Je voudrais leur dire combien leurs grands-pères était fiers d’être français, généreux, humbles, exemplaires, républicains, démocrates.
Qu’avons-nous fait des enfants de leurs enfants, qu’ils nous avaient confiés ? Avons-nous respecté notre engagement, avons-nous fait notre devoir en les aimant comme nos propres enfants ?

Est-il encore temps d’éviter au monde musulman de se jeter dans une guerre contre la liberté et la démocratie ? Pouvons-nous encore éviter cet infernal malentendu, que les fascistes de tout bord attisent de leurs propos haineux ?
Est-il encore temps de sauver la liberté et la démocratie sans servir le camp de la haine ?

Est-il temps de consoler ces enfants de la misère, pour sauver leurs vingt ans ?
J’ai fait la guerre pour les enfants. J’aurais sinon préféré la mort, je le jure.

Tous les enfants du monde auront un jour vingt ans.
Qu’ils soient libres et vivants est le seul combat qui vaille la peine.

Les Droits de l’Homme ne sont pas notre propriété, nous n’en sommes que les gardiens. Faisons-les aimer, ou nous aurons perdu jusqu’à notre âme.

6.10.06

Tolérance zéro ?

Je me souviens d’un reportage, il y a quelques années, qui nous montrait une municipalité dont le maire avait lancé un vaste plan " tolérance zéro " pour les jeunes délinquants, convaincu qu’il fallait frapper fort dès les premiers larcins.
On y montrait quelques très jeunes adolescents qui, pour avoir volé une tablette de chocolat dans un hypermarché, repartaient menottes aux poignets, encadrés par les policiers.

Forcément, une telle expérience ranime l’éternel et stérile débat entre les tenants de la prévention (en général de gauche) et ceux de la répression (en général de droite). Débat imbécile et sans fin entre ceux qui veulent tout noir et ceux qui veulent tout blanc.
Les meilleurs esprits répondent généralement que rien ne sert d’opposer ces deux notions, puisque l’une ne va pas sans l’autre. Ce qui est évident. Mais en quoi cela nous aide-t-il, face à des enfants qui transgressent la Loi de plus en plus jeunes ? En quoi cela nous aide-t-il à résoudre le problème ?

Je suis convaincu que l’on prend tellement mal le problème qu’on ne risque pas de s’en sortir.
Tout d’abord parce que, dans un camp comme dans l’autre, j’ai l’impression que l’on aime plus ses propres dogmes que les enfants. Alors qu’il faudrait d’abord aimer les gamins pour comprendre ce qui leur arrive. Et pas passer des années à se jeter des invectives pour savoir quelle idéologie va l’emporter. Les enfants méritent mieux.
Notre société a peur de sa progéniture, et ces jeunes se retrouvent donc face à des pseudo adultes incapables de les rassurer par leur autorité et leur sagesse.

Élever un citoyen, cela exige de savoir élever un enfant. Et nous élevons nos citoyens aussi mal que nos enfants.
J’ai toujours pensé qu’un gamin ne pouvait pas apprendre à se comporter correctement sans explication, sans exemple à suivre et sans sanction. Mais a-t-on fait cela avec ces gosses qui partent dans tous les sens ?

Expliquer, c’est évidemment la première chose. Personne ne peut savoir ce qu’il doit faire sans une bonne explication. Le problème, c’est que certains parents, soit parce qu’ils ne connaissent pas la France et ses lois, soit parce que la vie les a exclus, sont bien en peine d’expliquer à leurs gamins comment on doit se comporter dans notre société. Apprendre à être un citoyen ne peut pas reposer seulement sur les parents. C’est la responsabilité de l’État et de l’éducation nationale. J’ignore comment a évolué l’éducation civique à l’école, mais j’ai peur qu’on se limite à enseigner les grandes institutions et le suffrage universel.
Mais apprend-on aux enfants comment l’on doit faire respecter ses droits ? Leur apprend-on, de façon concrète, comment fonctionne la justice, comment on porte plainte, etc. ?
Les enfants sont face à une société qui leur dit que " c’est mal de cafter et de rapporter ", " qu’un homme règle ses problèmes avec ses poings, tout seul, et ne va pas rapporter aux autorités ". Résultat : omerta dans les cités et violence pour régler les litiges. Un témoin est une " balance " et un plaignant un " lâche procédurier ".

Mais il faut aussi montrer l’exemple. Dit-on à un enfant de ne pas voler si on vole soi-même devant lui ? Sommes-nous exemplaires face à nos jeunes ?
Qui est si bien placé pour jeter la première pierre à ces voleurs de plaquettes de chocolat ? Le policier qui est venu le chercher en voiture sans clignotants ? Le patron de l’hypermarché qui triche sur ses impôts et emploie dix personnes au noir ? Quelle société avons-nous montrée à ces jeunes ? Sommes-nous des exemples de civisme ? Il est tellement plus facile de jeter des pierres sur un gamin que de se remettre en question… Faire ce qui est juste demande du courage.
Sur le chemin du commissariat, menottes au poignet, ces gamins verront deux feux grillés, dix portables au volant, vingt stationnements illégaux… et des policiers placides face à cela. Toutes ces infractions mettent la vie humaine en danger, quand eux ont juste volé du chocolat à douze ans.
Met-on les menottes et la joue sur le capot au monsieur à cravate qui a grillé un feu de sang-froid ?
Sommes-nous les exemples dont tous les enfants du monde ont besoin pour grandir ?
Qui ont-ils à admirer ?
Où sont les héros du quotidien dont ils pourraient s’inspirer ?

Bien sûr, il faut sanctionner. Mais ni plus, ni moins : mieux !
La loi sanctionne à la mesure de la peur que nous inspirent les transgressions, pas en fonction de leur gravité. Un cambriolage sans armes dans une maison inoccupée vaut de la prison. Un feu grillé vous vaut seulement une amende et des points en moins sur le permis.
Pourtant, dans un cas, on a attenté aux biens et dans l’autre à la vie humaine.
La sanction, c’est la première des préventions. Impossible d’expliquer qu’une chose est interdite si la sanction ne vient pas le confirmer. L’impunité décrédibilise tout le travail des éducateurs.

Quel pourcentage des délits et infractions notre société supporte-t-elle que l’on sanctionne ?
Moins de 1% des excès de vitesse sont verbalisés et on parle de " tout répressif ". L’absence de clignotants est générale et totalement impunie. Tricher sur ses impôts est un sport national que pratiquent même les plus puissants, et la loi Évin est bafouée jusqu’à l’Assemblée Nationale ? L’impunité est organisée, mais les tablettes de chocolats sont bien gardées !
Notre société déteste la notion de sanction. " Il est interdit d’interdire ", criaient les gosses de bourgeois en 1968, croyant être de gauche… Même le policier lambda trouve que verbaliser une absence de clignotant, " c’est quand même gonflé ".
Même pas 1% des transgressions sont sanctionnées, et on voudrait faire croire aux gamins que la Loi est une valeur essentielle !

Si j’étais un de ces gamins, à qui une société délinquante applique des lois qu’elle ne s’applique pas à elle-même, je serais révolté.
Être un gosse révolté face à cette mascarade est la moindre des choses.

Sanctionnons les jeunes délinquants, et même plus souvent, systématiquement… mais seulement après leur avoir expliqué les règles que nous avons nous-même oubliées, et après les avoir appliquées à nous-mêmes.

Nous avons des gamins détestables, c’est vrai. Mais regardons-nous dans la glace, et nous comprendrons peut-être qui leur a enseigné la vie.

Pour en faire de bons citoyen de notre République, il faudrait peut-être d’abord la faire exister…

Ou alors, nous les prenons pour des imbéciles.
Et, dans une République qui veut respecter l’Homme, c’est un péché mortel.

Nous avons discuté toute la nuit...

Je suis désolé pour ce silence un peu long.

En fait, nous sommes en train de préparer un article important avec Nicolas, et il nous entraîne dans d'interminables débats nocturnes. C'était un peu notre but en lançant ce blog, car ces discussions sont ce que nous aimons le plus.
Mais cela, cette fois-ci, nous a sérieusement retardés.

Dès que Nicolas aura un peu de temps libre, il publiera le nouvel article, qui est maintenant prêt.

Merci pour votre lecture fidèle et si attentive.

3.10.06

Amnistie présidentielle : gagner en sauvant des vies !

S’il y a un sujet qui empoisonne toutes les campagnes présidentielles, c’est bien la question de l’amnistie accordée, entre autres, aux infractions routières.

Tous les candidats rêvent de pouvoir annoncer qu’ils mettent fin à cette " tradition " criminelle, mais aucun n’ose, de peur de perdre les élections.

L’idéal serait bien sûr une union sacrée, tous les candidats se mettant d’accord pour annoncer qu’aucun d’entre eux ne la maintiendra. Ce qui mettrait tout le monde à égalité et éviterait que le candidat qui prendrait seul la décision soit pénalisé. Mais autant demander à 2000 personnes de sortir poliment et dans le calme d’un cinéma en feu !
Impossible.
Alors, la France entière est là, à guetter qui va exclure les excès de vitesse, qui les stationnements, qui les feux rouges du champ de l’amnistie. Cette question fait sûrement l’objet de calculs interminables au sein des états-majors de campagne !

Ce n’est pas une petite question. En effet, on sait très bien que les comportements des automobilistes changent à l’approche des élections. La peur des sanctions s’envolant, les interdictions n’existent plus pour certains. Et l’on sait qu’il suffit d’un stationnement en double file, ou sur un trottoir, pour qu’une poussette doive emprunter la chaussée et que le pire arrive. Aucune infraction n’est sans danger, et la question n’est pas de savoir si l’amnistie à venir va tuer des gens, mais combien. Cent ? Deux cents ? Cinq cents ? Dont combien d’enfants ? Plus combien de blessés ou handicapés ?
Je veux bien que l’on plaisante avec cette question, mais que l’on sache au moins que l’enjeu se compte en vies humaines.

Alors, comment faire pour sortir de ce piège, de ce sujet pourri, auquel il ne semble pas y avoir d’issue ?
Encore une fois, essayons de sortir du cadre des évidence, de ce que nous connaissons, et saisissons notre règle.
C’est en mesurant les choses qu’on les connaît, pas seulement en les ressentant.

Que nous dit la logique ?
Elle nous dit qu’il est étrange que le premier geste d’une nouveau pouvoir exécutif, chargé d’appliquer les lois, soit d’offrir de l’argent à ceux qui n’ont pas respecté la Loi.
Parce que, pour avoir un cadeau au lendemain des élections, il faut avoir enfreint la Loi. Ceux qui l’ont respectée regardent la distribution sans rien recevoir. Est-ce juste ? Est-ce logique ?
Cela signifie que l’automobiliste garé sur le trottoir reçoit un cadeau et pas la Maman en poussette qui a dû descendre sur la chaussée.
Que le premier geste d’un président soit en direction de ceux qui transgressent la Loi laisse rêveur…
Les perdants sont ceux qui se sont donné la peine de respecter la Loi.
S’il est légitime de fêter une élection par un cadeau, celui-là est le plus mal choisi qui soit ! Et il se fait sur la tombe des quelques dizaines ou centaines de personnes qui seraient sans doute encore en vie sans cette mesure inepte.

Le premier candidat qui saura sortir de cette situation insensée sans se rendre impopulaire aura sans conteste une longueur d’avance sur ses concurrents. Il sera, dans l’esprit de tous, le premier à avoir su résoudre un problème qui empoisonne le débat depuis bien longtemps. Il sera le premier à oser là où les autres paraissent si lâches…

J’ai donc décidé d’offrir gratuitement une phrase historique au premier qui saura la saisir.
Attention : seul le premier en profitera, les autres apparaissant alors, soit comme des suiveurs, soit comme des peureux criminels.
Et puisque ce qui compte, c’est que la justice l’emporte, j’autorise tous les partis à récupérer, sans aucun frais, la phrase historique de leur choix, en espérant toutefois que les borgnes vociférateurs, âgés de surcroît, réagiront moins vite que les autres.

Sachant que l’amnistie coûtait, en 2002, 300 millions d’euros, voici donc, de la part de Firmin, en exclusivité et au choix, des phrases historiques à prononcer pour gagner cette campagne :

" Si je suis élu(e), j’ai décidé, au lieu de faire un cadeau à ceux qui transgressent la Loi, d’offrir 13 euros à chaque foyer fiscal. "

" Si je suis élu(e), j’ai décidé, au lieu de faire un cadeau à ceux qui transgressent la Loi, d’aider les collectivités locales qui le voudront à financer la construction de plus de 200 crèches de 60 places, financées à 50% par l’état. "

" Si je suis élu(e), j’ai décidé, au lieu de faire un cadeau à ceux qui transgressent la Loi, d’offrir une journée de sensibilisation aux risques routiers à chaque classe de France. "
Ça, je l’avais fait dans l’école de ma commune. Aujourd’hui, avec 600 euros par classe, cela ferait… 300 millions pile pour toute la France !

Dépêchez-vous, je vous rappelle que seul le premier sera servi ! Bien sûr, pour pas plus cher, vous pouvez trouver d’autres emplois pour ces 300 millions d’euros. Vous pouvez créer des emplois, aider les handicapés, financer l’Abbé Pierre et Emmaüs, financer le SAMU social, etc. Tout, tant que c’est populaire et que cela ne favorise pas l’incivilité.
Soyez inventifs, soyez généreux et, quelque soit votre bord, je voterai pour vous !

Mais évitez juste d’être un vieux borgne fascisant… J’aime pas les vieux !…

Messieurs les candidats, vous avez bien le bonjour de Firmin !

1.10.06

Et si Dieu existait ?

Désolé d’aborder ce sujet brûlant mais, à mon âge, il y a des questions qui se font plus pressantes, vous le comprendrez bien.
Car je me trouve à l’heure des bilans, d’une certaine façon.
Même si je sens que tous mes combats, malheureusement, ne sont pas encore derrière moi, il va bien falloir se poser un peu.

La question de l’existence de Dieu, c’est la question de la mort, finalement. C’est sans doute pourquoi j’ai vu tant de gens, voyant la vieillesse arriver, se remettre à une pratique religieuse qu’ils avaient délaissée. " On ne sait jamais ", devaient-ils penser !

Toute ma vie, je me suis dit que le fait que Dieu existe ou non ne changeait rien à l’affaire. Il faut que je vous explique bien ça.
En fait, j’ai mes valeurs, vous l’avez compris, et c’est un sujet important pour moi. Ma morale est claire, et mes repères me donnent une idée précise de ce qui est bien ou mal. Ceci est tellement vrai que, si Dieu existait et voyait les choses autrement, j’essaierais de Le convaincre que j’ai raison. En tout cas, s’Il me disait que le fascisme est meilleur que la République, je ne serais pas pour autant aveuglément d’accord avec Lui.
Est-on toujours d’accord avec son père ?
Alors, à quoi bon savoir s’Il existe ou pas, puisqu’Il ne me dictera pas ma conduite !

Bien sûr, après la mort, il faudra sans doute Le rencontrer.
Mais les hommes se posent bien peu de questions… Peut-être d’ailleurs est-ce parce qu’ils n’aiment pas s’en poser que l’idée de l’existence de Dieu leur plaît autant.
Car, si Dieu existe, faut-il forcément pour autant se soumettre à Lui ? Et pourquoi ne faudrait-il pas débattre avec Lui, tenter de Le convaincre de ceci ou de cela, Lui expliquer des choses qu’Il n’aurait pas bien comprises ? Et, s’Il tenait absolument à nous soumettre (ce qui en ferait alors un salaud), ne faudrait-il pas Le combattre ?

C’est d’ailleurs ce qui me surprend le plus chez les intégristes religieux de tout poil ; ces gens-là semblent mépriser leur propre Dieu à un point incroyable.
Admettons que Dieu existe, puisqu’il est impossible d’en être sûr… S’Il existe, donc, et qu’Il est si grand et si merveilleux… va-t-Il vraiment n’avoir que cela à faire que nous punir parce que nous avons mangé du jambon, pété à la messe ou rigolé devant Don Camillo ? Dieu est-Il nunuche à ce point ?
Les religieux ont-ils une idée de Dieu aussi petite ?
Si Dieu existe, je pense au contraire qu’Il est très au-dessus de ça. Je L’imagine magnanime, plutôt qu’occupé à compter les grammes de porc consommés dans les biscuits apéritifs…
Les ultra religieux, avec leurs dogmes imbéciles et dérisoires, ont une idée de Dieu imbécile et dérisoire. Ils sont donc les premiers à L’insulter et à Lui manquer de respect.

Ne croyez pas que je traite cette question à la légère, car elle risque d’être d’actualité pour moi bien plus tôt que pour la plupart d’entre vous. C’est une question extrêmement sérieuse à mes yeux.
Je suis juste conscient qu’il est impossible d’avoir la moindre certitude sur l’existence de Dieu. Ceux qui objectent que l’univers n’a pu se créer tout seul, répondent qu’il a donc été créé par Dieu… qui s’est créé tout seul ! Cessons de mélanger la science et la croyance. Il est aussi illogique de dire que Dieu existe que d’affirmer qu’il n’existe pas. Nous n’en savons rien du tout.

Alors, il faut bien faire avec.

Nous allons également mourir sans savoir.
Et il faut faire avec.

J’essaie donc seulement de faire ce qui est juste tant que je suis en vie.
Je me méfie comme de la peste des marchands de certitudes, des prêtres divers et des camelots de l’au-delà qui n’enrichissent qu’eux-mêmes et leurs églises. Ils n’en savent pas plus que moi sur le Grand Mystère. Et, vu mon âge, je saurai bien avant eux.
Mon ami Jean, mon frère Jean, lui, sait déjà. Il m’a précédé dans cette pièce d’à-côté, qu’elle soit néant, gouffre sans fond ou repos de Lumière.
Je n’ai donc pas peur.

Je n’ai peur que d’une chose. C’est de n’avoir pas fait tout mon possible, lors de mon passage ici, pour préserver les enfants d’un futur atroce. Dieu m’en voudrait-il d’avoir consacré ma vie à aimer Ses enfants plutôt qu’à Lui lécher les godasses ?
J’ai combattu le fascisme du vingtième siècle. Et j’ai peur d’en voir un autre se lever, plus insidieux car sans frontières. Une autre tentative de dire qu’un homme n’en vaut pas un autre. Une autre tentative d’étouffer la liberté de l’Homme.
Mon Dieu, nous n’en finirons donc jamais de ces batailles.

Mon Dieu, si tu existes, il faudra vraiment qu’on parle.
Mais d’Homme à Dieu, sans curé ni sorcier entre nous.