« Je t'aime, mon bébé ! »
« Je t'aime ».
Elle lui a dit ça, tout doucement, et puis elle lui a fait un petit bisou sur la bouche qu'il ouvrait en grand. Elle lui a passé la main sur la tête, s'est arrêtée sur sa joue, a frotté son nez contre le bout de son nez, et lui a tendu, du bout de sa fourchette, un morceau d'éclair au chocolat.
Avec son gâteau dans le bec, on ne l'a plus entendu !
Juste de temps en temps une tape sur les doigts par la petite fille qui était à côté de lui, et qui défendait sa pâtisserie sans la moindre pitié. Paf ! Un gâteau, c'est personnel !
Il a mangé en regardant sa Maman, puis a tendu ses mains vers son doudou. Elle le lui a donné : une serviette éponge grise, avec des pinces à linge colorées attachées dessus.
Bien sûr, elle a surpris mon regard et s'est tournée vers moi.
Je lui ai demandé :
- Il a quel âge ?
- 52 ans, Monsieur. Mais c'est un bébé, vous savez !
Grand, maigre, les cheveux grisonnants, rasé de frais, il a ouvert sa bouche en rond et s'est mis à rire comme une mouette, en louchant un peu, le visage rougi par l'effort. La petite fille lui en a aussitôt recollé une sur la main :
- Tais-toi, Patrick !
Patrick s'est tu aussitôt, rentrant dans sa coquille comme un escargot.
C'était la semaine dernière, à Carrefour. La petite famille venait de s'installer à la table voisine de la mienne, au café de la galerie marchande.
Je l'avais déjà vue en faisant mes courses. Patrick était par terre, sur le dos, dans le rayon fruits et légumes. Elle, choisissait ses pommes tranquillement. Quelques instants plus tard, au rayon surgelés, je lui avais proposé de l'aider à relever « le monsieur » qui s'était à nouveau couché dans l'allée trempée de l'eau de dégivrage.
Elle m'avait répondu :
- Oh ! Non, faut le laisser ! Si Monsieur n'en fait qu'à sa tête, on va pas être à sa disposition !
Et elle lui avait tendu une petite bouteille d'eau, qu'il avait prise maladroitement.
Je l'ai donc reconnue dans ce café et, ému par son geste maternel, je me suis permis de lui adresser la parole.
La dame m'a raconté que Patrick n'avait jamais grandi dans sa tête et était resté un bébé d'avant l'âge des premiers mots. Impossible de le faire asseoir dans le canapé du salon, il s'allonge toujours par terre avec son doudou, comme je l'avais déjà vu faire.
Nous avons parlé de nos vies et j'ai appris qu'elle avait 78 ans. Sa mère a été tuée par un camion américain juste le lendemain de la Libération. Puis son fils est né, handicapé. Quant il eut 6 ans, elle a perdu son mari et a dû cesser de travailler pour l'élever seule. Sa retraite est donc ridicule et elle s'inquiète de se voir vieillir sans savoir ce que son fils deviendra ensuite.
Racontant sa vie si difficile, la faim, la mort, la solitude, la maladie et le handicap, elle n'a jamais lâché son sourire si plein, celui de la Maman qui gère tout d'une main et de l'autre tout en s'occupant de ses enfants.
- Vous savez, Monsieur, la vie est belle, le soleil brille ! Regardez mon bébé, comme il est beau... C'est juste qu'il faudrait pas vieillir, c'est ça, le problème.
Je lui ai dit que sa vie ressemblait à un beau livre, à une grande histoire. Elle m'a répondu que si quelqu'un voulait l'écrire, il aurait de quoi faire !
J'ai pensé à Nicolas et à sa plume.
Il y a tant de choses à raconter, pour celui qui sait voir.
J'ai rencontré un jour quelqu'un qui m'a dit que Dieu n'était pas dans les grandes choses, mais dans les toutes petites. Qu'il aimait davantage les tout-petits que les puissants.
Je vois mal Dieu passer dans une émission de Télé-Réalité. Il est sans doute plutôt dans le coeur de cette dame de 78 ans.
Le coeur de...
Mais je ne lui ai pas demandé son prénom, et je ne lui ai pas parlé de Nicolas.
J'ai eu peur qu'elle croie que je la draguais.
J'ai fait un bisou sur le front de Patrick, j'ai salué la petite famille, et je suis parti.
Mais, depuis une semaine, j'y pense...
.
22 Comments:
Pour être alchimiste il faut être un vieux petit garçon, ce que je suis et resterai encore longtemps. Ainsi ton histoire, Firmin, me touche beaucoup de plus elle pose le problème de la différence. Différence de la couleur de peau, différence du développement intellectuel, différence d’opinions, les différences ne sont pas sur le point de s’estomper... L’autre question posée est comment continuer à être entouré de la nécessaire tendresse d’une mère lorsque celle-ci n’est plus là. C’est toujours difficile quelque soit l’age du corps. Le monde vers lequel nous allons depuis dimanche soir ne me laisse rien présager de bon. Je ne pense pas que M. Lagardère prêtera son yacht pour promener un bébé de 35 ans. Et pourtant ce n’est pas l’argent qui manque. Je vais pour une fois trahir le secret du Grand Œuvre et révéler à vous lecteurs de ce blog, comme transformer de la vulgaire ferraille en Or pur. Vous constatez que j’écris "Or" avec un "O" majuscule puisque c’est de l’Or Philosophale, dont nous parlons. Donc comment faire ? C’est fort simple, prenez un porte avion nucléaire, en bonne santé et parfait état de marche, passez le au Karcher, nettoyez les moquettes, faites le plein de plutonium, puis vendez-le à la Suisse qui a de l’argent et un marine très en dessous de son standing. Vous aurez, ainsi, suffisamment d’Or pour combler de tendresse et d’attentions dix millions de pauvres petits garçons de 35 ans, de par le monde, le jour où leurs mamans auront décidé de se reposer pour très, très longtemps.
Merci de communiquer cette recette secrète à notre nouveau président
L’Alchimiste
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L'Alchimiste, at mardi, mai 08, 2007 6:38:00 PM
Un pensée pour Patrick et sa maman.... beau moment et si "triste" en même temps...
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julienP, at mardi, mai 08, 2007 6:42:00 PM
Merci Firmin une nouvelle fois pour ce texte magnifique !
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Camsago, at mardi, mai 08, 2007 9:41:00 PM
Cher Firmin,
Je suis certaine que si vous croisez à nouveau cette vielle dame accompagnée de son vieux bébé au supermarché prochainement, vous oserez engager un dialogue, puisque vous saurez que cela leur apportera un moment de bonheur, fût-ce celui de faire défiler aux yeux d'un autre tous leurs malheurs.
Au-delà, la prise en charge du handicap par la société est un combat digne qui DOIT être mené. Le pays qui ne sait pas s'occuper de ses enfants, de ses malades et de ses anciens n'aura bientôt plus ni de conscience, ni d'histoire, et par là-même ... plus d'avenir.
Merci pour cette nouvelle leçon de vie, et portez-vous bien.
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Emmanuelle, at mercredi, mai 09, 2007 9:24:00 AM
Combien de personnes sont capables d'affirmer aussi spontanément que la vie est belle.
Lorsque l'homme est confronté à la mort ou à une douloureuse épreuve dans sa vie, une brèche se crée dans son âme pour y faire entrer la lumière. Nous ne voyons plus les choses de la même manière, notre sensibilité et notre conscience s'aiguise.
C'est en touchant la mort que l'on peut paradoxalement appréhender la vie. Dieu sait pourquoi ...
Merci de nous avoir rapporter cette belle histoire.
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Alak, at mercredi, mai 09, 2007 10:56:00 AM
Firmin... et si c'était tout simplement de l'amour ?
Peut être et même sûrement qu'elle aussi pense à vous, qui avez su être présent et à l'écoute...
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Anonyme, at mercredi, mai 09, 2007 2:48:00 PM
Belle histoire , je ne suis pas sure , histoire que je connais , que j'ai vécu et que je vis encore car très concernée par le sujet .
Il est évident qu'il y a un manque de structures pour l'accueil des personnes handicapées dans notre pays mais si les parents ne font pas les démarches de demander et de redemander leurs droits , rien ne changera .
Désolée , Firmin , l'attitude de cette maman est de la pure inconscience et je modére mes mots car si c'était de l'amour qu'elle voulait lui donner , elle aurait du prévoir l'avenir de son fils dés le départ , dés l'annonce du handicap au même titre que l'on aide un enfant dit normal à devenir autonome , voir avec encore plus de hargne et de volonté .
Je trouve que cette histoire montre le gachis de deux vies , peut être plus . Je ne m'émerveille jamais devant des parents qui choissisent de contraindre tous les membres d'une famille à vivre le handicap d'un des leurs lorsqu'une solution permettant à tous de vivre pourrait être trouvée . Je ne vois dans cette attitude qu'égoisme , inconscience et stupidité .
Envisagez- vous le traumatisme que cet adulte va vivre à la disparition de sa mére ? sa mère qui, aussi bonne soit- elle , lui a forcément retiré la chance d'avoir son avenir propre dans une structure adaptée .
Je m'imagine également la culpabilité de la fraterie ou des proches induite par l'attitude de cette mère .
Oui les personnes handicapées ont un avenir en dehors de leurs familles et pour que cet avenir soit à la hauteur de leurs attentes ou de leurs besoins il faut que les familles se mobilisent au côté de la personne handicapée pour que des structures existent .
Il faut que les familles concernées comprennent qu'elles ne sont pas éternelles et que d'autres peuvent s'occuper de leurs proches aussi bien si ce n'est mieux qu'elles de leurs proches handicapés .
Quand je pense que les personnes sous tutelle ne peuvent pas voter et que simplement imaginer que l'on puisse être handicapé et avoir une vie sexuelle n'effleure pas la plupart des familles concernées , alors l'avenir après eux !!
Désolée , mais je trouve cette histoire triste et lamentable ....et n'y voit aucun amour de la part d'une mére envers son fils simplement de l'égoisme rien que de l'égoisme et de la bêtise .
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Marianne, at dimanche, mai 20, 2007 12:12:00 PM
je suis consternée par ce qu'ecrit marianne mais pas etonnée quand on l'a connait comme moi . Je voulais vous dire que je suis aussi une maman avec deux enfants autistes et que je trouve admirable et votre talent d'ecriture et cette maman .
Bravo à cette maman et à vous ..
merci pour ce moment emouvant
michelle
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michelle, at mardi, mai 22, 2007 8:32:00 PM
Soyez consternée Michelle , pour autant je réitère mon propos pour dire que cette histoire est triste, même si l’écriture de Firmin est belle, j’y vois quand même quelque misérabilisme qui se retrouve souvent lorsque l’on aborde le sujet du handicap . L’'attitude de cette maman est irréfléchie. Si les parents d'enfants handicapés ne font pas de demandes de placement dans des établissements adaptés que ce soit écoles , hébergement , logements adaptés , demande de tierce personne auprès des services de l'ETAT pour leurs enfants , Ils leur retirent toute possibilité d'avenir . Cela semble être le cas dans cette histoire .Ceux ci se retrouvent en Belgique, ou en milieu psychiatrique lorsque les parents disparaissent et ceci d’une manière brutale .
Je vous relate du vécu , sans aucunement l’intention de me justifier. Je pense que vous n’êtes pas non plus sans le savoir puisque concernée aussi .
Je suis toujours étonnée que l’on trouve admirable l’attitude de parents qui choisissent de confiner la personne handicapée au sein de la famille, souvent au détriment des autres membres de la famille , alors qu’en faisant une demande ils font respecter les droits des personnes handicapées et en participant aux conseils à la vie sociale et autres actions , ils les font évoluer et donnent un avenir à leurs proches après eux ……. Placement ne veut pas dire abandon .
Cela fonctionne ainsi dans le beau pays de France , il faut que le besoin soit connu pour que les pouvoirs publics agissent et créent des structures … Moi j’ai fait et je fais ce que je peux mais à plusieurs , c'est mieux .
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Marianne, at mercredi, mai 23, 2007 8:01:00 AM
déçue ne pas voir mon commentaire
michelle
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michelle, at jeudi, mai 24, 2007 1:11:00 PM
Michelle : votre commentaire est au-dessus, si je ne m'abuse.
Mais peut-être en aviez-vous encore posté un autre... dans ce cas, nous ne l'avons pas reçu. N'hésitez pas à reposter, car je ne modère jamais les commentaires, je valide tout !
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Nicolas, at jeudi, mai 24, 2007 8:14:00 PM
Marianne a écrit :
["Je ne m'émerveille jamais devant des parents qui choissisent de contraindre tous les membres d'une famille à vivre le handicap d'un des leurs lorsqu'une solution permettant à tous de vivre pourrait être trouvée . Je ne vois dans cette attitude qu'égoisme , inconscience et stupidité".]
---
Ma réponse :
Non, Marianne, le choix de vivre ensemble n'est pas une stupidité...
Quand ce n'est plus possible, c'est vrai qu'il ne faut pas insister, mais vivre ensemble c'est le fondement de notre société humaine : nous constituons un "TOUT" malgré nous ( pour certains ) et le respect des différences n'existent que si elles sont visibles et partagées.
Ce qui n'est pas respectable, ce sont les Ghettos ( Hôpitaux psychiatriques, "Foyers", "Maisons" )dans lequel on enferme les gens considérés comme "différents" parce qu'on ne veut plus d'eux. ( différents de qui d'ailleurs ? )
D'ailleurs l'amour ne se construit jamais sur la séparation mais sur le partage. Mais c'est vrai que c'est toute uen édcuation, je dirais même, une philosophie
Jean-Paul Corlin
la chambre bleue
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Jean-Paul Corlin, at vendredi, mai 25, 2007 8:51:00 AM
C'est évident qu'il faut vivre ensemble et mes actions dans le domaine du handicap vont toutes dans ce sens.
Je voulais dire aux parents qu'ils ne sont pas éternels et que de ne pas envisager l'avenir de leurs prôches , après eux, en pensant qu'ils sont seuls à savoir faire C'est une attitude très préjudiciable pour la personne handicapée et pour que la situation concernant les centres évolue en France .
Si vous attendez que cela ne soit plus possible au sein de la famille , c'est l'attitude la plus néfaste qui existe pour la personne qui doit être placée et vous contraignez la fraterie , lorsqu'elle existe, à se culpabiliser .
Pour un enfant dit normal , vous n'attendez pas qu'il demande de se rendre à l'école pour l'inscrire et le jour ou il veut vivre seul , vous l'aidez à s'installer si vous le pouvez .
N'est-ce pas l'objectif de tous les parents que de permettre à leur progéniture de s'épanouir , de vivre heureuse , fusse- t-elle handicapée ?
Et pour éviter cet enfermement que vous semblez craindre , il faut participer à la vie de l'établissement .
Mon beau fils vit dans une MAS , près de chez moi , dans sa chambre qu'il a décoré . Il fait de la peinture , il part en vacances , il expose au musée de l'homme , il va au restaurant , au centre commercial choses auxquelles il n'avait pas accés lorsqu'il vivait avec sa grand mère trop âgée et qui le gardait comme sa chose .
Je dis et cela m'a été confirmé par la COTOREP que si les parents d'enfants handicapés ne font pas de demandes d'hébergements de jour ou internat les établissements ne voient pas le jour .
Mettre son enfant dans un centre ou son parent dans une maison de retraite ne signifie pas enfermement ...même si tout n'est pas rose .
Je maintiens que lorsqu'il s'agit d'un enfant jeune qui logiquement survit à ses parents , c'est dramatique que de ne pas prévoir son avenir .
Et quand dans le texte de Firmin , je lis qu'une dame de 78 ans s'occupe d"un enfant de 52 ans , en le laissant par terre dans le rayon des surgelés , j'ai du mal à être emerveillée et à penser que ces vies pourraient être le sujet d'une belle histoire écrite .
Quand nous allons faire du vélo avec des vélos adaptés , quand j'aide pendant l'atelier arts plastiques , quand nous faisons la brocante dans la rue , quand j'améne des poneys dans le centre , quand nous poussons les fauteuils dans les rues , fanfare en tête et une annèe même un lit à roulettes d'une gamine qui ne pouvait se lever , quand je vois une fois par an des parents qui avaient honte de sortir avec leurs fils , même si ce n'est qu'une fois par an , et parceque nous faisons cela ensemble ils viennent , la j'ai plein de raisons d'être émerveillée.
A chacun sa façon de voir les choses .
Et concernant les personnes handicapées , je vous conseille le film Nationale 7 , c'est une vision réjouissante et complétement d'actualité . Monsieur Nuss se bat pour que les personnes handicapées puisse avoir une allocation , je reste prude , nous dirons plaisir ...
Encore un domaine ou il faudra faire tomber les tabous .
Vivons ensemble et le mieux possible pour tous , il y a tellement de choses ou l'on ne peut rien changer .
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Marianne, at vendredi, mai 25, 2007 11:29:00 AM
...et juste un rajout à mon post précédent pour Jean-paul après être allée sur le sien , l'amour se construit aussi sur la séparation , l'amour c'est l'envie , le désir de l'autre .....d'une manière volontaire et non d'une manière imposée .
Le partage c'est la solidarité , pour moi bien sur .
D'ailleurs est- ce une obligation , un devoir d'aimer un être parceque vous avez un lien de parenté ? sûrement pas .
Pour le reste la loi définit mieux que moi les devoirs de chacun .
Mais les droits , les droits il faut les défendre , les demander et les faire évoluer pour que nous puissions , en toute sérénité , vivre ensemble : les cassés, les pas cassés , les bleus , les blancs , les noirs , les tricolores et arrêtez de me demander quel âge à Yannick et si son handicap est de naissance .
Et lorsque que vous terminez la conversation par oh le pauvre ! je vous souhaite au plus profond de mon être de ..... non je ne vous le dirai pas .
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Marianne, at vendredi, mai 25, 2007 1:29:00 PM
Marianne je suis très consternée par vos remarques, resituez vous à l'époque de la naissance de cet homme, où sa mère l'aurait elle plaçé pour qu'il ait une vie plus autonome et ne constitue pas à la mort de la mère une charge pour des proches? Ou dites-moi?
J'ai 45 ans je suis maman d'une enfant handicapée moteur légère mais je suis aussi une ancienne infirmière en psychiatrie, les pavillons de psychiatrie regorgent de polyhandicapés adultes. Tant que la société n'offrent pas de structures d'accueil décentes, oui c'est une preuve d'amour de garder un enfant handicapé adulte avec soi plutôt que de le savoir attaché sur un lit d'hôtipal, bourré de neuroleptique, manipulé sans aucun geste de tendresse, nourrit à la chaise. Oui la réalité c'est celà et non pas quelques exemples de structures rutillantes qu'on veut bien nous montrer.L'inconscience aurait été que cette maman laisse son fils dans une telle structure
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Anonyme, at vendredi, mai 25, 2007 6:43:00 PM
Eh bien, moi aussi j'ai "été" en M.A.S !
Pas la même que celle de votre enfant, bien sur, mais j'aimerais aussi en parler... Je m'explique : en fait, j'y ai travaillé ! De plus j'avais mon logement de fonction juste à côté ( entre les deux portes d'entrées, il y avait moins de dix mètres )
Ce n'était pas il y a cent ans, c'était il y a quinze ans et je sais que cet endroit n'a pas du tout changé - c'était ( et c'est toujours ) un mouroir pour adultes autistes ( le plus grand de France ): les chambres sentaient toutes l'urine et les excréments et les "hébergés" qui dormaient sur un matelas à méme le sol, étaient tous ensuqués ( le compte budgéraire pour l'achat de médicaments était le 3ème compte de dépense après la paye du personnel et la dotation aux amortissements !! )
Bien sur qu'il ne faut pas généraliser mais mon témoignage confirme qu'il faut encore moins idéaliser !!
Le vrai "idéal" serait une intégration la plus "sociale" possible, au coeur de la société : nous sommes tous responsables de nos parents, enfants, frères et soeurs, cousins démunis par la vie et n'oublions pas que le mot handicapé, ce sont nous les humains ordinaires qui l'avons crées pour nous séparer de ceux qui, en fait, ne sont pas si différents de nous !!!
Il faut aussi donner le moyens aux familles de garder leurs personnes âgées, leurs enfants ou leurs conjoints handicapés auprès d'elles quand elles le souhaitent et quand elles en ont la possibilité : pourquoi m'a t-on retiré ma mère que je n'ai même pas vu mourir ???
Mais il "fallait" qu'elle reste dans son mouroir, pourquoi ??
Jean-Paul
http://monsite.orange.fr/lachambrebleue
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Jean-Paul Corlin, at vendredi, mai 25, 2007 8:21:00 PM
et juste un dernier post sur le sujet pour Anonyme
La demande de placement engendre le besoin ce qui permet aux associations de créer des centres et d'obtenir les autorisations et les budgets de fonctionnement . Il faut au minimum cinq , voir six ans pour créer un centre et si tous ces parents dont les enfants se retrouvent dans des centres corrects n'avaient pas fait cette demande , c'est effectivement en milieu psychiatrique que se retrouveraient leurs enfants ,ou en Belgique .
Ce n'est pas parceque vous déposez une demande d' orientation COTOREP que vous vous trouvez dans l'obligation d'accepter la première proposition et que vous devez vous séparer de votre enfant mais cela permet d'envisager les besoins du département et de débloquer les autorisations de créations de centres ,centres dans lesquels vous avez un droit de regard qu'il faut exercer .
Ne pas se signaler c'est retirer la chance à votre enfant et aux autres enfants d' être , un jour, pris en charge dans une structure adaptée .
Certes ce n'était pas brillant il y a cinquante ans mais si la situation s'est améliorée depuis de nombreuses années , c'est bien grace aux familles qui ont signalé leurs besoins.
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Marianne, at vendredi, mai 25, 2007 9:48:00 PM
Marianne comment un etre humain peut il dire autant d'anneriessssssssss. c'est afligeant et desolant de penser qu'en plus vous le pensez vraiment
michelle
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michelle, at lundi, mai 28, 2007 7:33:00 PM
je ne comprends pas que ce temoignage si beau puisse entrainer autant de betises.
bravo encore sincerement d'avoir ecrit si magnifiquement cet instant de vie et une immense admiration pour cette courageuse maman
michelle
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michelle, at lundi, mai 28, 2007 7:36:00 PM
Chère Michelle
Votre opinion est enrichissante par le fait même qu’elle est votre opinion. À quoi cela sert-il d’avoir raison ? À conforter votre ego et c’est à peut près tout ! Écouter les autres, comprendre ce qu’ils disent, sans l’approuver pour autant, c’est le début de la tolérance, mot que je n’aime pas. Je lui préfère "compréhension" qui implique un effort pour aller vers l’autre et appréhender sa pensée. Lorsque que vous traitez les commentaires de Marianne "d’ânreriessssss", avez-vous essayé de COMPRENDRE, sans pour autant approuver ? De la compréhension naîtra une forme de respect de la parole d’autrui. Sans quoi on est vite dans l’invective, puis dans l’insulte et finalement dans la violence. C’est avec cette spirale perverse que naissent les conflits entre nations. (…) Loin de me diminuer ta différence m’enrichit (…) (St Ex). Pensez-y Michelle avant de dire que la pensée de l’autre est désolante et affligeante.
L’Alchimiste
By
L'Alchimiste, at mardi, mai 29, 2007 9:24:00 AM
il y a des comportements qui ne merite aucune tolerance.. sur ce je n'interviendrai plus
michelle
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michelle, at mardi, mai 29, 2007 12:52:00 PM
Tragique et dangereux ce que vous écrivez, Michelle. Cela me rappelle une parole de Lénine : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté" et l’on sait a quels extrémités ce genre d’aphorisme définitifs ont conduit l’Humanité. Rien ne peut justifier la confiscation de la Parole, si ce n’est ce que l’on s’impose à soi, et encore ! La libre circulation des pensées est ce qu’il y a de plus précieux au monde, la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen fut imaginée sur ces fondements. Dans mon cercle de vieux Alchimistes nous avons coutume de réfléchir sur la "Parole perdue", et nous savons qu’elle manque à l’Humanité. Ce blog est d’une richesse précieuse, il a cela de différent avec ceux des adolescents, c’est qu’il véhicule des opinions et des pensées, qui peuvent s’exprimer en toute liberté. Mais, ce qui est excessif est dérisoire, méfiez vous donc, Michelle, de ne pas tomber dans ce travers. (…) Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai, jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire (…) nous a appris Voltaire. Je ne sais quel âge vous avez Michelle, mais même si la vie ne vous a pas fait de cadeau, sachez écouter, comprendre et tolérer que l’on puisse avoir une opinion différente de la vôtre. Je sais que la mode, issue du résultat des élections présidentielle, ne va pas dans le sens de la pluralité de pensée mais quand même ! Moi qui suis né avec le siècle des lumières, je sais combien sont précieux les lieux où l’on écoute la pensée des autres.
L’Alchimiste
By
L'Alchimiste, at mardi, mai 29, 2007 2:17:00 PM
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