le blog de Firmin

17.6.07

Aimer son prochain ?

Si quelqu'un a fait les Hommes, qu'il me pardonne.
Et s'il n'existe pas, que les hommes qui viendront encore et nous jugeront demain me pardonnent.
Je vois bien qu'une vie entière ne m'a pas totalement permis de gagner mon combat.
J'ai lutté, non pour être moi-même mais pour devenir meilleur.
J'ai débarrassé mon coeur de ce qu'il tenait de l'animal et de la nature. Je l'ai pelé comme un oignon, pour le mettre à nu, peau après peau, pour désapprendre ce qu'on m'avait imposé malgré moi. J'ai mis mon coeur et mon être à nu pour ne lui repasser que des habits que j'avais choisis, moi-même, par mon propre jugement de ce qui me semblait juste.
J'ai renié mes croyances qui n'étaient que celles de mes parents et d'autres avant eux, j'ai tué en moi celui qu'on voulait que je sois, j'ai lavé ma conscience des superstitions et des préjugés, de toutes les choses inculquées, des conditionnements de mon milieu. J'ai cherché à renaître pour n'être que moi-même, inspiré par l'Humanité sans être façonné par elle, j'ai voulu extirper de ma culture tout ce qui était subi et non réfléchi. J'ai voulu, non seulement faire ce qui était juste, mais aussi le penser.

J'y ai profondément échoué.

Si l'homme que je suis devenu a su arracher le racisme de l'animal qu'il était, fuir la peur de Dieu et du jugement des voisins, si j'ai su mesurer la réalité avec une règle pour faire mentir mes passions, je n'ai pas pu enlever le pire.

J'ai été élevé à une époque où des choses étaient niées, beaucoup de choses. Un de ces tabous a fait souffrir des gens leur vie entière et en a fait tuer bien d'autres. Et pourtant, tout cela était injuste, tout cela était inhumain.
Ce dégoût d'autres hommes, de mes semblables, je le vois bien, je n'ai pas su le vaincre.

Aujourd'hui encore, je ressens une gêne, un terrible dégoût, viscéral, quand je vois deux hommes s'embrasser et s'enlacer.
Pourquoi ?
Il serait si facile d'accuser mon éducation...
Bien sûr, tant que l'on est enfant, on est la victime non consentante de ce que l'on nous a inculqué. On n'est pas responsable de ses opinions ni de ses actes. Mais il y a un jour où il faut être adulte et assumer à la fois ses sentiments et ses actions. Il y a un âge où l'on est censé avoir fait le tri dans le coffre de ses idées, et n'avoir gardé que ce que l'on croit juste.

Pourquoi n'ai-je donc pas éliminé en moi cette ignoble intolérance contre des êtres humains dont l'amour ne me cause pas le moindre préjudice ?

Je vous en prie, ne me croyez pas meilleur que je ne le suis. Soyez meilleurs que moi.

Un jour viendra où la sexualité des gens sera vraiment considérée comme un détail privé, personnel, intime. Ce jour-là, quelque soit le partenaire consentant avec lequel vous trouviez l'amour, tout le monde autour de vous en sera heureux pour vous. Personne ne vous demandera ce que vous faites dans l'intimité pour partager l'amour, pour en donner et en recevoir. Plus personne n'invoquera la sacro-sainte Nature pour vous condamner, comme s'il fallait en respecter toujours les règles.

Si être homosexuel était un crime contre la descendance, alors il faudrait aussi condamner les prêtres, les couples stériles et les vieilles filles.
Si être homosexuel était un crime contre la Nature, alors il faudrait abandonner la médecine, l'informatique, la gentillesse et la République.
Si être homosexuel était un crime contre la famille, alors condamnons à mort les gens infidèles, les célibataires et les couples divorcés.

Je me sers de ma tête puisque mon coeur est ici si mauvais conseiller.

On refuse le mariage des homosexuels de peur qu'ils puissent adopter des enfants. Mais depuis quand faut-il être marié pour adopter ? De nombreux célibataires obtiennent l'agrément chaque année. Cela n'a donc rien à voir. Aujourd'hui, un hétérosexuel, célibataire ou marié, peut adopter. Et un homosexuel, célibataire (ou marié un jour), ne le peut pas. Pourquoi donc refuser, de façon discriminatoire, un droit légitime à ces gens, alors que l'on s'oppose en réalité à un autre ?

Le mariage n'est plus, de nos jours, qu'un contrat d'amour. Il n'est plus la condition pour créer une famille, faire des enfants ni pour transmettre sa fortune. Il y a bien longtemps que le mariage ne sert plus à cela et que la société n'en fait qu'un symbole d'amour.
Dans ce cas, quel obstacle reste-t-il pour faire tomber une des dernières discriminations de notre République ?

J'ai vécu à une époque où l'homosexualité était un délit pour lequel on pouvait être puni. Pourtant, qui aurait pu venir invoquer un préjudice devant la justice ?
Puis ce fut une maladie. Cela faisait craindre la contagion, et chacun avait peur pour ses enfants.
On sait aujourd'hui que l'homosexualité est une simple orientation sexuelle, irréversible et liée à l'individu. Un homosexuel est ainsi, et ne peut devenir autre chose. De la même façon que je ne pourrais pas devenir homosexuel.
Avoir peur de l'homosexualité, c'est avoir peur de la contagion, c'est se croire vulnérable, croire que l'on peut « basculer ».
Est-ce cela qui se manifeste en moi lorsque je ressens du dégoût ?
Ou est-ce un sentiment inévitable, que l'homosexuel ressent lui aussi à l'évocation de l'amour hétérosexuel ?
Dans ce cas, un homme et une femme qui s'embrassent en public choquent autant les couples homosexuels qu'ils nous choquent eux-mêmes !

Bref, il est temps que ce que je porte en moi, malgré moi, disparaisse de la surface de la terre.
Croire qu'un homme n'en vaut pas un autre est toujours un crime contre l'Humanité. C'est la marque des idées à combattre.

Peut-être ne suis-je pas perdu...
Peut-être, avant que je parte, un de mes petits-enfants ou arrière petits-enfants, assumant ce qu'il sera peut-être, saura m'imposer la vérité.
Sans doute faudra-t-il que j'aie à choisir entre l'amour des miens et ce qui me reste d'animal pour choisir enfin le camp de l'Humanité, le camp des justes.

En souvenir de mon combat personnel, je serais heureux que d'autres se battent pour que cette intolérance qui n'a sans doute d'égale que le racisme disparaisse du coeur des hommes. Il faudra faire avancer tous les peuples, tant l'homosexualité est encore punie de mort dans de nombreux pays.
On m'a dit qu'un pays aussi proche de nous que le Maroc condamnait pénalement ce « crime », comme tous les autres pays musulmans. Les religions sont souvent les premières, alors qu'elles appellent l'homme à s'élever au-dessus de la Nature, à rejeter les actes dits « contre-nature ».
Combien de drames, combien de suicides, combien de souffrances ? Combien d'amours empêchées, combien de couples détruits ? Combien de massacres, combien de condamnations et d'éxécutions ?
Avez-vous vu ces policiers russes assister passivement à l'agression de gens en raison de leur inclinaison sexuelle ?
Mon coeur les comprenait, mais ma raison et ma soif de justice étaient du côté des victimes.

Quelle préhistoire dans mon esprit !
Je ne suis qu'un pauvre homme primitif, inapte au monde de demain, à ce monde qui sera plus juste et plus éclairé.

Que mon triste exemple vous serve.

Ne vous affirmez jamais « non-raciste », tolérant ni « moderne ». Car l'animal au fond de vous n'est jamais totalement assoupi.
Devenir un homme est un combat de toute la vie, jusqu'à la dernière minute.
Jusqu'à mon âge, vous trouverez au fond de votre coeur des scories qui vous feront honte et contre lesquelles vous devrez lutter pour faire votre part de la tâche humaine.

J'ai vu des gens très bien, parfaitement civilisés, redevenir des bêtes à la première rafale tirée, à la première bombe tombée. J'ai vu la guerre et je sais ce que sont les hommes quand l'animal rattrappe l'humain. J'ai vu l'animal au fond de l'Homme et je le vois aujourd'hui au fond de moi.
Ne faites jamais trop confiance au mince vernis que quelques siècles d'Histoire ont déposé sur ce que nous sommes vraiment.

Nous sommes au début de l'Histoire, et notre devoir est grand.
Pas seulement un devoir d'inventaire, mais un devoir de justice.

Car le seul vrai courage est de faire ce qui est juste.
Et mesurer la réalité avec notre raison est notre seule chance de résister à la bête qui pousse, encore et toujours, son museau au fond de notre coeur.

C'est pourquoi, si j'en ai l'occasion, je lèverai ma saloperie de carcasse et j'irai participer à toute manifestation qui clamera le droit des gens à aimer et épouser librement qui ils veulent.

Malgré mes sentiments injustes et pour leur tordre le cou.

44 Comments:

  • Bonjour, je viens de découvrir votre blog, il est vraiment magnifique, je vais le mettre dans mes favoris, et la musique d'accueil est superbe, bon dimanche à vous :-)

    By Anonymous Raton Laveur, at dimanche, juin 17, 2007 1:45:00 PM  

  • Ce texte nous a demandé un très long travail. C'était très difficile car je traduisais mal ce que disait Papy.
    Et je vois que j'ai mis en ligne une version incomplète, par erreur.
    Je corrige dès ce soir.

    By Anonymous Nicolas, at dimanche, juin 17, 2007 1:54:00 PM  

  • Voilà, c'est réparé !

    By Anonymous Nicolas, at dimanche, juin 17, 2007 8:02:00 PM  

  • Bonsoir , joli texte , mais pourquoi pensez vous que cela tienne de l'animal ??

    Je dirais plutôt l'éducation ,la société , religion , bourgeoisie , etc ... mettez y ce que vous voudrez ... mais lié à l'humain ...

    Je ne crois pas avoir vu un animal avoir des préjugés racistes , sexuels ou autres ....

    ( je suis vétérinaire pour ce que cela importe ... )

    By Blogger michelh79, at dimanche, juin 17, 2007 9:48:00 PM  

  • je confirme que l'homosexualité est très fréquente chez les animaux dans certaines conditions... Par exemple c'est un signe de dominance chez la plupart des primates sociaux (simulation d'accouplement sur un mâle dominé avec intromission ou non selon les cas).

    On retrouve dailleurs ça chez l'humain lorsqu'il est en groupe ("oh hisse enculé", "Paris Paris on t'encule" et autres joyeusetés sportives... la sodomie passive étant là considérée comme preuve de faiblesse)

    L'homosexualité féminine ne déclenche habituellement pas les mêmes réactions dailleurs...

    Le 24 juin aura lieu la GAY PRIDE... ce n'est pas là une image réaliste de tous les homosexuels bien entendu mais c'est l'occasion d'aller faire la fête avec d'autres personnes... mélangeons les ifférences, homo, héteros, noirs, blancs, juifs, musulmans, athés... et même des gens de droite pourquoi pas ?

    Encore un beau texte Firmin et Nicolas, merci pour votre franchise !

    By Anonymous julien P, at dimanche, juin 17, 2007 11:17:00 PM  

  • Je comprends tout à fait ce terme 'animal', qui correspond aux pulsions primaires qui nous habitent tous.
    L'éducation et en général, l'amour reçu, nous permettant, il est vrai de les combatre.
    Mais qui n'a pas ressenti, la décharge d'adrénaline et l'excitation de tirer sur un oiseau en plein vol ou la traque d'un gibier en forêt, l'explosion des sens lorsque notre regard croise une très jolie fille, le dégout lorsque l'on voit 2 garçons s'enlacer ...etc ..
    C'est effectivement un combat de chaque jour pour lutter contre ces pressions ancestrales.
    Pour ma part, j'ai arrêté d'aller pêcher avec mes potes, parce que je ne supporte plus l'idée de faire souffrir le moindre animal, je ferme les yeux sur ces femmes fatales, je m'efforce de comprendre l'autre qui me parait si différent ...
    Peut importe ce que vous avez fait ou pensé Monsieur firmin, votre conscience est à ce jour extrêment alerte.
    Aux vues de tous ces textes, permettez moi d'affirmer que vous êtes un homme bon.

    By Blogger Alak, at lundi, juin 18, 2007 8:59:00 AM  

  • Oui, Alak, c'est très exactement cela. Je fais allusion aux pulsions assez primaires de l'animal Homo sapiens, par opposition à ce que la civilisation doit lui apporter.
    Ceci dit, je suis très heureux de ce débat, que je trouve passionnant.
    Personnellement, je pense que nous devons nous extraire de l'état de nature, par opposition à l'idolâtrie du "bon sauvage" qui me paraît bien naïve.
    Seul le travail sur soi rend meilleur, et surtout pas l'abandon béat à ses pulsions, à ses passions.
    Il est d'ailleurs amusant de voir que les homophobes qualifient d'une part les pratiques homosexuelles de "contre-nature" et de l'autre de "bestiales". Faudrait savoir !!!
    Bref, l'Homme est capable de travailler sur lui-même pour s'améliorer, et il en a donc selon moi le devoir, pour ne pas sombrer dans ses instincts. L'Homme est un animal violent.

    By Blogger Firmin, at lundi, juin 18, 2007 9:42:00 AM  

  • C'est justement parce que vous vous servez de votre tête pour corriger ce que votre coeur vous dicte que vous êtes digne d'être pardonné, Cher Firmin.
    Est-ce condamnable de détester les ris de veau ou les frites (si, je connais personnellement un enfant de 10 ans qui déteste les patates !) ? Pourtant, la raison peut nous faire reconnaître qu'elles peuvent être bonnes, ces choses, simplement elles ne sont pas à notre goût, c'est tout.
    Voir deux hommes ensemble vous choque, voire vous dégoûte, mais je suis sûre qu'au fond de vous, vous ne pensez pas réellement que ces hommes-là sont inférieurs aux autres. Ne serait-ce que parce que votre raison vous en empêche, et c'est donc la preuve que votre tête, elle, en plus d'être bien pleine, est bien faite.
    Bien sûr que chacun d'entre nous porte en lui un haine de l'autre, plus généralemnet UNE HAINE DE LA DIFFERENCE, de l'a-normalité (au sens de ce qui sort de la norme).
    En cela, le combat que vous appellez pour lutter contre l'homophobie, y compris la vôtre, est identique aux combats que vous avez menés pendant la seconde guerre mondiale. Il est basé sur le même fondement : L'EGALITE.
    Mais notre raison sait bien que rien n'est "EGAL" NATURELLEMENT sur cette terre : le lion mange la gazelle, le loup l'agneau, le palestinien l'israélien ... les uns pour se nourrir uniquement, les autres pour vivre, pour exister, mais les raisons fondamentales sont les mêmes : manger, c'est vivre et exister.
    C'est ce qui nous distingue de l'animal, cette RAISON, et tant qu'elle saura prendre le pas sur ce que notre coeur, notre âme, notre tradition intrinsèque et viscérale, nous dictera, il y aura de l'espoir, j'en suis certaine, pour le genre humain.
    Ne partez pas désespéré d'être simplement, magnifiquement, UN HOMME.

    By Anonymous Manue, at lundi, juin 18, 2007 11:12:00 AM  

  • Bonjour Firmin.

    Votre texte est magnifique car il met en valeur la raison et la réflexion en les opposant à l'impulsivité et aux préjugés. Ceci dit, je ne pense pas que ces derniers soient une forme d'animalité au coeur de notre nature humaine. Au contraire, je pense que nombre de ces préjugés sont des acquis dont nous naissons libres. Il y a plus d'un an, j'avais publié un billet sur ce même sujet, L'Armure, ou justement je considère que ces acquis dissimulent la forme la plus avancée de notre intelligence: Notre coeur. Votre aversion parfaitement controllée pour les comportements homosexuels est une réminiscence de vos acquis, ou disons de votre armure, mais votre controle vient de votre coeur que vous savez maitriser. C'est le seul point de divergeance sur ce billet.

    Bonne journée,

    Titophe - blog Racisme et Histoire

    By Blogger Titophe, at lundi, juin 18, 2007 1:14:00 PM  

  • Une fois de plus je suis d’accord avec Firmin mais avec quelques nuances. Notre cerveau est composé de deux entités différentes, dont l’une est le cerveau dit "reptilien" qui comme son nom l’indique nous vient de la nuit des temps, il est ce qui nous reste de nos ancêtres reptiles, dit-on. Au quotidien, il est le siège de nos instincts, de nos pulsions, il est toujours utile de vivement retirer la main d’une plaque brûlante. Le racisme, ou plutôt le refus de l’autre tout simplement en fait partie. Le racisme, la xénophobie, l’homo phobie sont donc des instincts naturels qui nous sont dictés par nos instincts. Mais voilà, nous n’avons pas que cela pour nous diriger dans la vie, et heureusement. Nous possédons un raisonnement, une faculté d’analyse et de synthèse, bref une INTELLIGENCE ! C’est elle qui nous permet de ne pas vivre comme des larves. Regardons une cour de récréation d’une école maternelle, c’est d’une barbarie totale ! Si l’on donnait des armes à nos chères têtes brune et blondes, les parents pourraient se faire du souci. Ces enfants n’ont pas encore d’acquis social, c’est la raison pour laquelle ils sont encore au stade de la sauvagerie.

    Firmin, n’ayez pas honte de vos instincts, ils sont naturels, en revanche ce qui l’est mois, c’est d’instrumentaliser ces pulsions pour en faire des doctrine ou des idéologies. Lorsque la paix et l’harmonient règnent dans un pays, la raison domine toujours, survient une difficulté économique ou sociale, le reptile qui est en nous ouvre un oeil. Nous en sommes tous encore à nous demander comment tout un peuple peut suivre aveuglément un seul homme vers le précipice. Le ressort est simple, c’est en appuyant précisément sur cette détente que progressivement la bestialité s’enclenche. Tout le dilemme réside dans cette dualité et ce combat permanent, entre Humanité et animalité. "Le ventre qui enfanta la bête immonde est toujours fécond". Berthold Brecht, par cette phrase, nous alerte. Mais ce ventre c’est nous ! N’allons pas chasser la "bête immonde" trop loin, elle est en nous. Il est donc de notre devoir de rester vigilant. Hitler, Staline ou Pol Pot, comme tous les monstrueux crétins qui les accompagnèrent, n’étaient pas d’une autre galaxie ou d’une autre race ! Ils étaient bien de notre monde. Étaient-ils pour autant nos "frères humains" ?...
    Ils avaient simplement, par une espèce de magie bestiale et par faiblesse, laissé l’animalité les submerger. Pour n’avoir pas combattu cette puissance sauvage en eux, ils se sont déshumanisés. Le monde s’en est trouvé inéluctablement précipité dans le chaos.

    La haine, le racisme, la violence, sont toujours plus faciles à exprimer que la compréhension. Et c’est d’autant plus vrai que les conditions de vie sont plus difficiles. Ce sont plus fréquemment les ventres vides qui engendrent "la bête immonde", vides de nourriture matérielle mais surtout vides de nourritures intellectuelles, morales et culturelles. La violence est souvent le seul moyen d’expression de ceux qui n’ont pas plus de 300 mots de vocabulaire pour traverser la vie.
    La compréhension, elle, ne fait pas appel à l’instinct mais à la réflexion, à l’intelligence, à la quintessence de nos sentiments. Elle demande incontestablement plus d’exigence et plus d’effort. La paix est toujours plus difficile à faire que la guerre et l’Iraq en est un bon exemple.
    L’animalité, elle, est à l'opposé de l’humanisme. On pourrait qualifier cette inclination de l’esprit, de "déjection de la pensée ". C’est le mal absolu. Encore faut-il l’identifier pour pouvoir l’affronter.
    Le combattre chez les autres c’est bien. Le combattre d’abord en nous-même, c’est mieux et plus facile. Le "Connais-toi toi-même " aristotélicien, prend là tout son sens. Ce n’est probablement pas l’arme absolue, néanmoins c’est l’étape indispensable avant la bataille ultime.
    Car attention, c’est ça la véritable "lutte finale", la lutte éternelle, le plus ancien combat du genre humain. C’est de cet affrontement là, que renaîtra, peut-être régénéré, métamorphosé, rénové, l’Homme de demain.

    L’Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at lundi, juin 18, 2007 3:58:00 PM  

  • Cher alchimiste au talent reconnu, je voudrais apporter quelques remarques anodines mais qui me semblent tout de même nécessaires :

    - le réflexe de retirer sa main lors d'une brulure ne dépend pas de notre cerveau reptilien mais c'est un réflexe médullaire (moelle épinière) : la preuve une grenouille décérébrée conserve ce réflexe.

    Pour mieux comprendre les dfifférents niveaux du cerveau voir ici : http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/0001/bin27/c11.htm

    je résume :

    - cerveau reptilien : assure la sauvegarde de l'individu et de l'espèce, mouvement inadaptables, automatiques, très important dans la communication non verbale.

    - cerveau limbique (autour du premier) : siège des émotions et de la mémoire, insensible à "la logique" il peut être indépendant du cortex (peur panique par exemple)

    - le cortex (autour du reste) : système d'association, conscience, abstraction, langage verbal etc...

    mais l'aspect culturel et éducatif est très important (homosexualité répendue entre maître et disciple éphèbe chez les grecs de l'antiquité)

    By Anonymous julien P, at lundi, juin 18, 2007 6:37:00 PM  

  • pour tout le reste je partage ton pint de vue....

    By Anonymous julien P, at lundi, juin 18, 2007 10:32:00 PM  

  • Autre preuve que le rejet de l'autre est viscéralement et naturellement ancré en nous : je viens d'assister à une conférence dans le cadre de la semaine du don d'organe et de la greffe; à cette occasion, il nous a bien été rappelé que les exo-greffes n'étaient toujours pas d'une part admises par notre société, et d'autre part acceptables par nos organismes ... et quand on sait que même un greffon de quelqu'un de notre famille, s'il n'est pas compatible, peut être rejeté ... cela laisse bien peu de place à l'acceptation de la diversité en général ...

    By Anonymous Manue, at lundi, juin 18, 2007 10:38:00 PM  

  • Accepter la différence dans beaucoup de domaines plutôt que tolérer , peut- on y parvenir facilement . On se doit de le faire avec toute l’énergie possible que cela passe par les tripes ou par le cœur . La projection de notre image dans une situation donnée conditionne nos réactions de rejet ou d’acceptation . Il est plus facile de laisser nos pulsions s’exprimer que d’essayer de les comprendre .N’allons pas vers la facilité .
    L’ orientation sexuelle est une affaire privée dont on ne prend conscience qu’ à la puberté mais qu’il faille légiférer pour que les droits des couples homosexuels soient les mêmes que ceux des hétérosexuels , il le faut et je le souhaite .
    Informer pour que des adolescents n’aient pas recours au suicide comme seule porte de sortie de la révélation de leur sexualité , cela a été mis en place dans le milieu scolaire .
    Plus je vous lis plus je me dis que j’ai vraiment eu un père exceptionnel .Car si certaines personnes portent le poids de leur éducation et des préjugés que l’on a pu leur inculquer , j’ai eu la chance, très tôt, de découvrir que nous fonctionnons chacun avec nos différences , mon père m’a aidée à le faire et je réalise aujourd’hui la valeur de son éducation .
    Pour autant ,j’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi-même et les visites ponctuelles de votre blog vont dans ce sens et grâce à Julien un petit cours sur les reptiles en prime .
    Firmin c’est quoi une vieille fille ?

    By Blogger Marianne, at mardi, juin 19, 2007 6:40:00 AM  

  • bonjour,

    je decouvre votre blog et j'en ai les larmes uax yeux tant il est beau et respire la sincerité...

    j'ai trouvé mon nouveau livre de chevet, il promet d'etre passionnant...

    j'ai 30 ans et encore beaucoup de choses a apprendre, et je suis certaine qu'ici ca sera le cas !

    j'ai seulement lu 2/3 articles ( les plus anciens ) mais je suis deja accro !

    bravo et surtout merci

    florence

    By Anonymous florence, at mardi, juin 19, 2007 2:32:00 PM  

  • Bonjour, je viens moi aussi de découvrir ce blog et il m'a beaucoup touchée et émue.
    C'est très enrichissant de venir sur votre blog.
    Merci de partager tout cela avec nous.

    By Anonymous Mathilde, at mardi, juin 19, 2007 4:10:00 PM  

  • Bonjour Firmin, bonjour Nicolas,

    Beau texte une fois encore. Exigeant et lucide.

    Il m'évoque ce que j'appelle mes "dissonances", même si elles se manifestent chez moi dans d'autres domaines que celui que vous évoquez.
    Des dissonances qui, quand elles se manifestent, me mettent en colère contre moi-même, contre le peu de chemin parcouru.

    Je trouve du réconfort dans le fait de penser qu'en réalité ce qui importe vraiment - mais peut-être que je me leurre - ce ne sont ni nos pensées irréfléchies ni nos dégoûts irraisonnés, mais nos paroles et nos actes. Et que celles-ci, ceux-là, nous pouvons les aligner sur les valeurs que nous nous sommes choisies.
    Comme d'ailleurs vous nous le montrez dans ce texte.

    Julie vous adresse le bonjour (et l'a accompagné de son tout petit rire qui me fait penser à ces grelots qu'on met au cou des chats).

    A bientôt.
    Charlotte

    By Anonymous Charlotte, at mardi, juin 19, 2007 4:30:00 PM  

  • Merci Dr Julien pour ces précisions anatomiques. Ma science de vieil Alchmiste date de deux siècles et aurait besoin d'une sérieuse révision. Cela dit je ne cherche JAMAIS à avoir raison, cela ne sert à rien. Hélas mon cerveau retourne petit à petit vers le reptile.

    Un petit salut affectueux à Marianne pour lui dire que nos conversations me manquent. Je suis de son avis pour dire que les vieilles choses peuvent encore servir, et comment !

    L'Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at mardi, juin 19, 2007 4:42:00 PM  

  • Firmin vous y arriverez et c'est déjà bon d'essayer
    mais c'est encore plus compliqué que ça. L'amour est beau!ça c'est sùr, mais!
    entre un homme de 60 ans et une fillette de 15 ans, c'est beau mais!
    Entre un papa et sa fille où sa belle fille, c'est peut être sincère, mais!
    Alors où devons nous quantifier l'amour et le trouver toujours beau
    J'ai votre âge Firmin. Mes enfants et petits enfants m'ont "décapée"
    J'ai appris a ne plus juger personne; mais il m'arrive encore de grincer

    By Anonymous Anonyme, at mardi, juin 19, 2007 5:04:00 PM  

  • Je ne parle bien sûr que d'adultes pleinement consentants.
    Elle est là, selon moi, la limite.

    By Blogger Firmin, at mardi, juin 19, 2007 5:25:00 PM  

  • Les grands interdits que sont :

    - le meurtre
    - le suicide
    - l'inceste

    qui sont à la base de l'humanité "civilisée" sont en fait exactement conformes au fonctionnement reptilien : assurer la sauvegarde de l'individu et de l'espèce...

    C'est fou comme la frontière animal / humain est floue et ténue...

    By Anonymous julien P, at mardi, juin 19, 2007 10:28:00 PM  

  • Cette limite est pourtant claire, Dr Julien, cela s’appelle la CIVILISATION. Mais attention, la MORALE qui en est issue est à géométrie, temporelle et spatiale, variable. La pédophilie qui est pour nous une monstruosité, était une pratique courante chez les grecs anciens. Ce n’est donc pas une question de limite floue, c’est une question de VALEURS. Ce ne sont pas aux valeurs ou à la morale de s’adapter aux pratiques d’une société, mais à celle-ci de poser les interdits au fur et à mesure de son histoire. C’est tout le travail de l’éthique et des différents groupes qui y réfléchissent, comme le comité national. Notre société pose des questions de plus en plus nombreuses et complexes, à mesure que la science progresse. C’est au regard de ces avancées scientifiques qu’il faut, à chaque étape, se poser la question des conséquences directes ou indirectes induites par ces découvertes. C’est tout l’enjeu et la difficulté de l’exercice pour l’Europe. Nos valeurs, par exemple, ne sont pas les mêmes entre une Pologne ultra catholique, où la démocratie n’est qu’une devanture fraîchement repeinte, et la France inventeur de la laïcité.
    Pour l’homosexualité la question n’est pas d’accepter ou d’interdire, puisque c’est dans la nature d’une partie de l’humanité, il nous faut COMPRENDRE, pour accepter.

    L’Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at mercredi, juin 20, 2007 9:24:00 AM  

  • on dit la même chose... "les valeurs" sont différentes d'un peuple à l'autre mais pas les 3 interdits fondamentaux communs et "primitifs" :

    - inceste (qui est différent de pédophilie)
    - meurtre
    - suicide

    Et je constate que ce qui nous est commun est une caractéristique ANIMALE alors que la CIVILISATION a plutôt tendance à nous séparer...

    j'adore ces échanges avec des gens d'une telle qualité : "Firmin, générateur d'intelligence"...

    By Anonymous julien P, at mercredi, juin 20, 2007 11:14:00 AM  

  • Bonjour Firmin

    Je voulais vous informer que j'ai posté aujourd'hui un billet vous étant consacré: C'EST ICI

    Bonne journée
    Titophe

    By Blogger Titophe, at mercredi, juin 20, 2007 3:03:00 PM  

  • Merci, titophe.
    Vraiment très gentil.
    Je passe l'info à Papy, ça va lui faire très plaisir.

    By Anonymous Nicolas, at mercredi, juin 20, 2007 11:40:00 PM  

  • Mais vous en êtes un autre, cher Julien, moi aussi j’aime la controverse, sans animosité, en essayant d’enrichir le propos de l’autre, plutôt que de le détruire en le dénaturant. Tous les Alchimistes sont des constructeurs. Constructeurs de rêves mais aussi de réalités.
    Précisément, parlons du suicide qui m’a touché de très près il y a deux ans. Pourquoi serait-il dans les interdits fondamentaux ? Il reste, au contraire LE geste ultime de liberté. S’il est fait par un adulte en pleine possession de ses moyens, aussi cruel pour l’entourage soit-il, il reste le geste de l’ultime liberté. Liberté de mettre fin à une souffrance, physique ou psychique. Il faut que le mal-être soit immense pour que la nécessité brutale du geste paraisse la seule issue possible. C’est l’entourage qui culpabilise pour ne pas avoir compris le désarroi de celui qui part atrocement. Même si on lui tient grief d’une certaine lâcheté devant le combat, c’est toujours à nous que finalement on fait le reproche de ne pas avoir été là pour entourer de suffisamment d’amour celui ou celle qui met fin à ses jours. Si interdire le suicide revient à interdire la mort, alors oui je suis pour son interdiction. Mais hélas…

    L’Alchimiste

    By Anonymous l'Alchimiste, at jeudi, juin 21, 2007 5:23:00 AM  

  • Nicolas,

    J'ai aussi mis en place un lien permanent vers votre blog depuis le miens.

    Amicalement

    Titophe

    By Blogger Titophe, at jeudi, juin 21, 2007 9:14:00 AM  

  • Je parlais d'interdit sociétal concernant le suicide... bien entendu c'est un choix extrêmement difficile qui apparaît cependant comme une solution, une sortie quand la vie devient un enfer....

    Mais cela reste un acte grave qui va à l'encontre de l'instinct de survie... Peut-être est-ce véritable signe de l'humanité d'un être que de pouvoir mettre un terme à sa vie...qui saît ?

    By Anonymous julien P, at jeudi, juin 21, 2007 6:22:00 PM  

  • Merci Firmin, merci Nicolas.
    J'adooooore votre blog.

    Pour le sujet précédent dire adieu.

    Mon j'ai vu mon beau père souffrir et j'ai aidé mon mari à faire tout ce qui était possible pour être avec lui, pour lui faciliter la vie difficile d'un homme malade. Vu la souffrance qu'il a enduré, nous étions soulagés qu'il s'en aille mais tellement heureux d'avoir fait tout ce que nous avions fait...

    By Anonymous isabelle m, at vendredi, juin 22, 2007 9:36:00 AM  

  • merci pour ce texte très intéressant. Pour ma part depuis quelques jours je me pose vraiment des questions sur l'être humain depuis que j'ai vu la vidéo sur l'excision en Afrique.
    sur http://www.respect-ev.org/
    ATTENTION TRES CHOQUANT
    Et dire que ça arrive à 6000 filles par JOUR!!!

    By Anonymous de passage, at vendredi, juin 22, 2007 10:43:00 PM  

  • Je découvre ton blog à l'instant. Quelle force dans tes textes ! J'ai forcément été très touchée par ton post "Dire adieu". papa est parti en septembre 2005, et je n'ai toujours pas "fait mon deuil". Tout ce qu'on a jamais dit pèse lourdement. Tout ce qu'on n'a pas vécu étouffe. Je ne sais pas si "seule la mort donne un sens à la vie" comme tu l'écris. Moi, avec la mort de papa, ma vie n'a plus de sens.

    By Anonymous zebu32, at dimanche, juin 24, 2007 5:18:00 AM  

  • il vit encore dans ce qu'il t'a transmis.... porte-le bien haut et transmets-le à ton tour.... voilà un sens donné à la vie...

    Le deuil est douloureux et pénible... mais encore plus pénible serait le sentiment de ne pas continuer à porter "le flambeau" reçu.

    Il meurt 2 fois celui dont le flambeau s'éteint.

    By Anonymous julien P, at dimanche, juin 24, 2007 10:34:00 PM  

  • j'adore cette idée de blog... merci

    By Blogger nikaly, at mercredi, juin 27, 2007 6:35:00 PM  

  • La compréhension ou ce que quelques uns appellent la tolérance, risque de ne pas être de mise très longtemps. Le temps des humiliations reviendra vite avec l’obscurantisme.

    Selon une dépêche AFP du 20 juin 2007, le secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, a salué mercredi un "changement d'orientation" de la France sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy à propos de la reconnaissance par l'Union européenne de son identité chrétienne : "Je vois que même la France est en train de changer d'orientation et de position" sur l'identité chrétienne de l'Europe, a déclaré le cardinal Bertone après avoir évoqué les récentes rencontres du nouveau président français avec ses homologues européens.

    Le 10 mai, un autre haut prélat du Vatican, le cardinal français Jean-Louis Tauran, avait déjà salué "la position extraordinairement ouverte" de M. Sarkozy sur la thème des religions. Interrogé par le journal des évêques italiens Avvenire après la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, il avait rappelé que ce dernier, dans son livre "la République, les religions, l'espérance" (publié en 2004), évoquait la possibilité de réformer la loi 1905, pilier de la laïcité française, "rompant ainsi avec un tabou de la politique française".

    Voilà où nous en sommes!
    Pleurons mais espérons...

    L'Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at jeudi, juin 28, 2007 5:29:00 AM  

  • Avec le début du XXe siècle, des mutations sociales importantes se mirent en place. La presse était enfin libre de publication depuis 1881 mais il manquait à la démocratie naissante deux lois importantes pour son bon fonctionnement. Tout d’abord la loi de 1901 légalisant et organisant les associations. Ce fût la seconde étape vers la libre circulation des idées. Il restait un bastion relativement imprenable à conquérir, celui de l’emprise de la religion catholique sur l’état. N’oublions pas que la réaction de la droite antirépublicaine était, alors encore féroce et toute puissante, Marianne avait encore des ennemis puissants. La loi de 1905, après des débats acharnés au parlement, s’imposa finalement. Jusqu’à aujourd’hui elle garantit la libre pratique d’une religion ou celle de ne pas en avoir. Mr l’alchimiste je constate avec effroi, d’après vos dires, que notre gouvernement, cent ans après, souhaite abandonner cet acquis fondamental de la République. Revenons-nous aux temps obscurs où la religion dictait ses ordres aux gouvernements de la France ? Je suis outré par cette nouvelle, toucher à la loi de 1905, c’est rompre l’équilibre, déjà instable, entre les différents cultes pratiqués dans notre pays, c’est mettre en compétition ouverte la calotte et la chéchia, où cela peut-il se terminer ? Il est déjà indécent de voir se répandre le dimanche matin tous les cultes sur les antennes publiques de télévision. La laïcisation des médias n’est pas encore totalement faite.
    Oui Mr l’alchimiste, pleurons ensemble sur la reculade de nos institutions devant l’obscurantisme, "l’opus dei" est en passe de gagner une place au soleil avec notre ministre du Logement et de la Ville.

    By Anonymous Jeanmi, at jeudi, juin 28, 2007 2:17:00 PM  

  • Il est libre celui qui parvient à se passer de cette aliénation inutile qu'est la religion...

    By Anonymous julien P, at vendredi, juin 29, 2007 12:59:00 AM  

  • (...)Lu dans RESPUBLICA:
    Après avoir nommé un intégriste catholique, Jean-Paul Bolufer, directeur de son cabinet, elle (Christine boutin) nomme un prêtre catholique, Jean- Marie Petitclerc comme chargé de mission. Car il s'agit bien d'une mission dans le gouvernement d'une République laïque, dont le gouvernement se doit de respecter les principes laïques de la Constitution, énoncés par la loi 1905, dite de Séparation de l'Eglise et de l'Etat.
    Dans une interview, Jean-Marie Petitclerc ne cache pas ses références à Jean-Paul II, et sa volonté de miser sur la charité. D’autre part, il défend, bien sûr, la conception de laïcité ouverte.

    Si cette nomination avait été faite en 1981, tous les laïques étaient dans la rue, manifestation monstre comme en 1984 et 1993.
    On voit ainsi, d'abandons en concessions, le recul sans précédent (sauf sous Vichy) des valeurs de notre République.
    La nomination d'un prêtre dans un cabinet ministériel ! Au sommet de notre Etat laïque !

    Conséquences :
    Les autres religions, elles-aussi, vont pouvoir demander d'entrer dans des cabinets ministériels, régionaux, municipaux, pour se charger d'une mission dont elles rêvent depuis un siècle. Les politiques opportunistes vis-à-vis des Eglises, en fonction des réalités locales, vont se multiplier, avec une finalité : rogner, petit à petit, les lois laïques, dont celle-ci :
    " La République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte" (article 2 de la Loi du 2 décembre 1905). (...)

    By Anonymous Le feu sacré, at vendredi, juin 29, 2007 10:58:00 AM  

  • Bonjour, je suis passée là par hasard et je trouve ce blog bien intéressant, surtout en ce qui concerne l'auteur.

    By Anonymous IrEnEkArRa, at vendredi, juin 29, 2007 1:28:00 PM  

  • Firmin et Nicolas attendent- ils le 40 éme commentaire pour rédiger un nouveau post ou Firmin est -il resté coincé à la gay pride pour tordre le cou à ses sentiments injustes concernant l'homosexualité ?

    By Blogger Marianne, at lundi, juillet 02, 2007 3:03:00 PM  

  • super blog merci trés bonne idée firmi

    By Anonymous sexynurse, at jeudi, juillet 05, 2007 2:17:00 AM  

  • bonjour à vous firmin
    votre blog me plait
    pas de gnian gnian
    on y voit l'essentiel
    sachez que je reviendrai
    car j'aime beaucoup ce que vous écrivez
    amicalement

    violine

    By Anonymous violine, at samedi, juillet 07, 2007 10:09:00 AM  

  • J'espère que vous allez bien tous les deux et que nous auront bientôt la joie de vous lire.
    A bientôt

    By Anonymous Emmanuelle Colombani, at samedi, juillet 07, 2007 6:21:00 PM  

  • Bonjour.
    Je viens de découvrir votre blog.
    Je voulais juste vous poser une question. Ayant encore des enfants jeunes,10 et bientôt 13 ans pour les dernières, il m'arrive souvent de les entendre soit pouffer, soit pousser un ah de dégoût lorsqu'elles voient un couple s'enlacer et s'embrasser. Tout comme je le faisais moi-même au même âge. Là est ma question car bien évidemment la réaction des parents est d'expliquer l'amour, la tendresse, le besoin de se le montrer parfois. Ceci, on nous l'expliquait et on l'explique encore pour les couples hétérosexuels. Ne pensez-vous pas tout simplement que c'est une question d'éducation ? Si dans l'enfance on nous avait tenu le même discours pour tous les couples, est-ce que tout simplement il n'y aurait plus aucun dégoût, réticence ou prévention ?
    Merci en tout cas d'exister et de poser un regard lucide et bienveillant sur le monde.
    PS: Il y a quelque temps en me promenant avec mes filles, nous avons rencontré un couple qui se tenait par la main et s'est embrassé au moment où nous nous croisions. Quelque chose a attiré mon attention. Je ne savais pas bien quoi, mais je me suis retournée. C'étaient deux femmes, peut-être dans la soixantaine.
    Et il y avait beaucoup de tendresse entre elles.

    By Blogger Dominique, at vendredi, août 17, 2007 6:35:00 PM  

  • "Je ne suis qu'un pauvre homme primitif, inapte au monde de demain, à ce monde qui sera plus juste et plus éclairé."


    Rien n'est moins sûr.

    By Anonymous Anonyme, at jeudi, août 30, 2007 11:28:00 PM  

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