le blog de Firmin

7.6.07

Dire adieu

On a appris le décès de Jean-Claude Brialy.
Un monde fou à ses obsèques, tout le monde était là.
Gérard Jugnot, sans aucune tristesse dans la voix, a rappelé la blague du jour :
« Lui qui ne manquait jamais l'enterrement de personne, il est pas là ! »
Et de repartir vers l'église, le sourire aux lèvres. Ils avaient tous le sourire aux lèvres. Quel bel enterrement, que celui où les amis sont si nombreux, venus de partout et tous présents, heureux de se retrouver, une fois de plus, autour de vous et grâce à vous. Quel belle journée que celle où l'on mène son ami en terre, le sourire aux lèvres, avec le souvenir de toutes les bonnes blagues qu'on se faisait.
Le fraternité est un bien beau linceul.
Il se mérite et il faut y travailler.

Dans quelques jours, nous apprendrons le décès du Cardinal Lustiger. Découverte il y a à peine quelques mois, sa maladie ne fait plus l'objet de soins, et il est passé dire adieu à ses amis.
Il attend sereinement de rejoindre celui qu'il a prié sans jamais l'avoir vu. Croire est pour moi un mystère total.
Le Cardinal a une chance que peu d'hommes ont : il connaît l'heure de sa mort par avance, et il croit que Dieu l'attend. Quel confort !
Dire au revoir sans oublier personne, et partir sans l'appréhension de l'inconnu. C'est un luxe bien rare, et il semble que l'homme en soit conscient.

Quand mon père est mort, j'ai immédiatement songé que je n'avais pas assez profité de lui. J'ai regretté de ne pas avoir parlé davantage avec lui.
Avec le temps, j'ai vu tant de gens perdre leur père et penser cela, invariablement. Pourquoi est-ce une chose qui nous vient davantage à l'esprit pour un père que pour une mère ? Je l'ignore, mais cela semble bien être ainsi. On pleure l'amour défunt de sa mère, et les mots envolés de son père.

J'y repense, de la même façon aujourd'hui, lorsque je constate mon acharnement à transmettre, à vider mes poches pour ne rien emporter qui n'ait été partagé, qui n'ait servi.
Je ne suis pas le seul, évidemment.
Les vieux ont tous, quelque part, un texte commencé, un journal, des courriers jamais envoyés. Ils ont tous des heures à parler que personne ne vient écouter. Des souvenirs de guerre, les cicatrices d'un amour parti, la mémoire d'un autre monde, des idées sur celui qui vous attend, et aussi sur celui qui les attend.
Tous les vieux ont des choses à léguer dont personne ne veut s'encombrer, que personne ne se donnera la peine de venir chercher. Comme un vieux frigo dont même Emmaüs ne voudrait pas.
Et pourtant...

Je n'ai rien d'exceptionnel, à part un petit-fils qui a du talent pour comprendre, ressentir et écrire. Je n'ai rien d'extraordinaire, à part une vie longue, comme tous les vieux, et l'envie que cela serve à d'autres à souffrir moins.

Devient-on un maître au seuil de la mort, ou y tend-on toujours un peu plus au fil de la vie, sans jamais le devenir vraiment ?
La mort donne, seule, un sens à la vie.
Nous autres, les vieux, avons eu davantage de temps pour y penser. L'expérience n'est rien si l'on ne relit pas sa vie pour la comprendre.
Vivre mille choses n'apporte rien à celui qui les oublie aussitôt, croyant que la vie est un vent qui souffle. Mais n'en vivre que cent permet à celui qui cherche la Vérité de construire ce qu'il peut. Celui-là sera plus sage au seuil de la mort qu'au jour de sa naissance.
L'autre sera comme la mouche, condamnée à retaper mille fois la même vitre sans jamais avancer, sans jamais tirer de leçons.

Les vieux, nous ne servons peut-être qu'à cela. Pas à vivre des choses à votre place, bien sûr. Car les expériences des autres ne deviennent jamais les vôtres. Mais à vous aider à relire comme il faut les aléas de vos vies, en vous prêtant nos lunettes qui donnent un peu de recul sur les choses.

Retournez voir vos grands-parents, de sang ou de coeur. Adoptez-en si vous n'en avez pas.
On ne peut pas vivre avec juste des parents.
Écoutez leurs histoires, leurs radotages, leur énième version de leur guerre. Supportez qu'ils vous redisent combien la vie était meilleure avant, pourquoi il faut voter à droite et comment les Américains détraquent tout avec leurs fusées. Supportez-les car ils font partie de la vie et parce qu'ils vous précèdent sur un chemin que vous aurez à faire quoiqu'il arrive.

Nous seuls pouvons marcher devant vous sur le chemin. Vous nous regarderez vieillir toujours plus, vous nous verrez devenir cons, devenir les caricatures de ce que nous fûmes. Vous nous verrez partir, avec notre angoisse, notre sérénité ou notre soulagement.

Nous seuls pouvons vous apprendre à vieillir comme vous le souhaitez, par notre enseignement, qu'il soit volontaire ou pas.
Regarder ailleurs est vain, absolument vain.
Vous ne serez un jour plus sages que nous que parce que vous porterez en vous nos enseignements et notre souvenir.

Une bibliothèque qui brûle, c'est un peu moins grave quand on a tout lu.

27 Comments:

  • Bonjour Firmin, bonjour Nicolas,

    Merci pour votre blog.
    Il est instructif et touchant. Et surtout, inspirant...

    Je raccroche à l'instant le téléphone. J'étais avec Julie. Elle me parlait des filles de ses voisins, les petites jumelles, qui lui rappelent parfois ces autres jumeaux, ces bébés venus et repartis comme ils étaient nés, à 20 minutes d'intervalle.

    Elle me parlait de cela, d'autres choses, et j'écoutais sa voix étrangement juvénile, prenant des notes... Julie a 94 ans, vous avez déjà deviné qu'il s'agit de ma grand-mère. Alors non, je vous rassure, je n'ai aucune intention de créer un blog.

    Ces conversations, je les lui ai proposées il y a quelques semaines de cela. Oh, nous nous parlions déjà souvent, mais là, c'est différent. Un rendez-vous fixé à l'avance. Régulier. Un cadeau qu'elle me fait, un leg en mots, nous papillonnons au gré de ses envies et de ses souvenirs... Et si je prends des notes, c'est pour que ma mémoire ne trahisse pas la sienne, lorsque j'évoquerai tout cela avec mes propres enfants.

    Ce projet me tournait en tête depuis des mois, des années. Découvrir, de sa voix, quelle avait été la vie de ma grand-mère avant qu'elle le soit, grand-mère. Il a fallu ce blog pour qu'il devienne réalité. Julie, à la question que je lui ai alors posée - "Serais-tu d'accord pour me raconter..." - n'a jamais répondu. Elle a directement commencé à me parler...

    Merci Firmin, merci Nicolas.

    Charlotte.

    By Anonymous Anonyme, at jeudi, juin 07, 2007 3:05:00 PM  

  • Je ne sais si vous en avez conscience, mais vous venez de dire la chose qui pouvait me faire le plus plaisir.

    Je peux en tout cas vous promettre une chose, Charlotte : vous faites à votre grand-mère une joie encore plus grande que celle qu'elle vous apporte... juste en l'écoutant et en recueillant sa mémoire.

    Merci du fond du coeur de ce que vous avez écrit, Charlotte. Je suis heureux que ce blog ait servi à ça.

    Embrassez Julie pour nous.

    By Blogger Firmin, at jeudi, juin 07, 2007 9:54:00 PM  

  • Firmin, Nicolas ... et même Charlotte aujourd'hui ... merci énormément!
    Je suis toujours heureuse de lire un nouveau billet de vous.

    Il y a quelques années j'ai accompagné mon père au "Welkom Canada" en Hollande.
    Déjà papa avait commencé à s'embrouiller dans ses souvenirs et pourtant qu'elle plaisir il semblait avoir à me raconter encore et encore "son" débarquement en Normandie.
    J'ai adoré l'écouter!

    Aujourd'hui c'est avec ses souvenirs souvent racontés que j'aime l'aider à se rappeler.
    Les rôles sont inversés ... il oubli, je lui raconte. Mais toujours je vois dans son sourire le déclic du souvenir.

    Par vos écris j'entend le non-dit de papa et ça me fait tellement de bien.

    Très sincèrement ... Merci!
    Jia

    By Anonymous Jia, at jeudi, juin 07, 2007 11:09:00 PM  

  • Firmin, Nicolas ... je ne sais démêler lequel d'entre vous a le plus de talent ... Une chose est certaine Firmin : beaucoup de sagesse est déjà passée en Nicolas ... transmettre c'est cela, exactement cela.
    Merci à vous d'exister, toujours et encore.

    By Anonymous Manu, at jeudi, juin 07, 2007 11:25:00 PM  

  • Bonjour Firmin et Nicolas, bonjour à tous

    Je ne sais pas si vous lirez mon commentaire, mais je tenais à vous dire combien j'aime ce blog.

    Je n'ai pas votre âge encore et j'espère l'atteindre si tout va bien.

    Tous ces mots que vous dites me touchent parce que depuis ma plus tendre enfance j'ai eu cette intuition que je devais me nourrir de l'expérience et du passé.

    Depuis que je suis petite j'ai interrogé ma grand mère sur sa vie son enfance. Et elle, ravie m'a tout raconté, ses espoirs ses rêves, ses amours et même ses désillusions et ses drames. Pourtant quand j'y repense... j'étais si jeune et malgré tout je comprenais (ce que je ne comprenais pas je le mettais dans un coin de ma tête, pour le reprendre plus tard).

    Mais je me souviens de tout et de la lucidité avec laquelle j'écoutais.

    Ayant grandi encore j'ai continué et élargi mes investigations et suis devenue une passionnée d'histoires de vies. Et je suis devenue infirmière !

    Je soigne des "firmins" très régulièrement et je me remplis de toutes ces bibliothèques. Je les encourage tous à écrire quelque part ces souvenirs, ou au moins à les raconter à leurs descendants; mais je reçois hélas chez eux la même réponse systématiquement : ils sont persuadés que leur histoire n'intéresse personne.

    Je rêve de pouvoir écrire et raconter toutes ces bibliothèques que j'ai rassemblées. Il y a de quoi écrire mille romans.

    De plus j'ai pleinement conscience d'être le maillon d'une grande chaine : ce que je suis maintenant est dû au cheminement de mes prédécesseurs.

    L'éveil de ma conscience et de ma présence au monde est dans la continuité du chemin accompli par mes parents et ancêtres.

    Je ne les connais pas tous, ils ont forcément commis des erreurs, comme moi, mais dans mes prières et mes pensées je les loue, je les remercie, car leur chemin a pu ouvrir le mien. Et je fais en sorte à mon tour d'ouvrir celui de mes descendants en faisant de mon mieux à chaque moment.

    Quand j'étais enfant je pensais que l'humanité suivait le même développement que les individus, et que la période des années 60 par exemple correspondait à l'adolescence. Dernièrement j'ai lu un texte de Saint Augustin qui décrit exactement cette pensée que je m'étais faite.

    Je ne sais pas comment conclure mon message tellement j'aurais de choses à vous dire, parfois je me sens "vieille" par toutes ces histoires et expériences dont je me nourris quotidiennement. J'adore me sentir "vieille" comme cela !

    Toute mon amitié et au plaisir de vous relire

    Eva

    By Anonymous Anonyme, at vendredi, juin 08, 2007 3:33:00 PM  

  • À vous lire, cher Firmin, il me vient en tête une histoire que l’on raconte depuis une cinquantaine d’année à Tozeur, ville du sud tunisien. L’homme le plus riche de la ville était, à l’époque coloniale, musulman. Il avait demandé que le jour de ses obsèques, ses mains dépassassent de son linceul. En effet, les musulmans, sont portés en terre sans cercueil, simplement entouré d’un linceul. Ses dernières volontés furent respectées et l’on fit traverser la ville à son cadavre posé sur un brancard, les mains sorties, paumes tournées vers le ciel, afin de bien montrer à toute la ville qu’il partait, vers un ailleurs sans RIEN ! Cette triste mais belle histoire elle marqua tellement les esprits, qu’elle est toujours racontée, aujourd’hui dans cette si jolie petite ville. Transmission d’un maître par delà sa propre mort. Nous autres les Alchimistes, avons un travers, c’est de ne révéler nos savoirs que de façon cryptée, ce qui n’est pas une véritable transmission, puisqu’elle ne s’adresse qu’aux plus clairs voyants. C’est un peu le cas de certains scientifiques. Le véritable maître enseigne le plus au plus grand nombre. La grandeur et la pérennité de la civilisation sont à ce prix. C’est dans le calme que doit se faire le passage du savoir d’une génération à l’autre.
    L’Afrique nous apprend cette méthode qu’elle applique depuis des millénaires. Les vieux ne sont pas encore devenus quatrième âge, les petits les respectent infiniment pour leur sagesse. Nul n’aurait l’outrecuidance de les maltraiter ou pire de les regrouper dans des maisons de la mort, afin qu’ils n’encombrent pas, les "encore vivants". Triste époque où seul Firmin semble avoir compris l’importance de la passation du relais des valeurs. L’école, trop préoccupée par l’enseignement des savoirs oublie celle des valeurs. On en constate les conséquences par la perte des repères de bon nombre de jeunes, issus de l’émigration de leurs grands parents, perdus dans un monde qui n’est pas celui de leur culture traditionnelle. Génération sacrifiée sur l’autel de la consommation, où les seules repères sont ceux de la vitesse, de l’argent et du paraître. Nos nouveaux monarques ne donnent pas l’impression de vouloir promouvoir d’autres vertus que celles copiées de façon imbécile sur l’Amérique. Pourtant, l’Afrique a tellement à nous apprendre !
    L’Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at vendredi, juin 08, 2007 6:37:00 PM  

  • On peut légitimement penser que l'avenir est entre les mains de ceux qui auront su donner aux générations de demain des raisons de vivre et d'espérer

    By Anonymous Anonyme, at vendredi, juin 08, 2007 7:51:00 PM  

  • J'espère que vous allez nous faire le plaisir de nous pondre encore souvent d'aussi beaux textes Firmin.

    Le plaisir de vous lire est toujours intact et s'ajoute à lui celui de découvrir les réactions des autres lecteurs... Vos textes réveillent des âmes, le flambeau semble passer à de nouvelles mains, par petites flamèches... mais il passe !

    Votre dernière phrase est tut simplement fantastique... profonde et drôle, elle m'a ravi !

    Nicolas, ne fatiguez pas, écrivez, écrivez, écrivez tout ce que dira Firmin, n'en perdez (et n'en laissez perdre) aucun miette... ce sont des biens très précieux pour nous !

    MERCI à vous deux encore une fois...

    By Anonymous julien P, at vendredi, juin 08, 2007 11:25:00 PM  

  • Alchimiste j'aimerais parler avec vous, comment pouvons nous communiquer ?

    Eva

    By Anonymous Anonyme, at samedi, juin 09, 2007 12:55:00 PM  

  • On veut pas croire dans sa jeunesse
    Qu'un beau jour , faudra céder le pas
    On croit que ça dur'ra sans cesse
    ou, mieux encore on n'y pense pas ....
    On s'dit : je suis dans la force de l'âge
    On se l'redit ...jusqu'au moment
    où on s'trouve seul, deuil après deuil
    et la grande route,qu'on a suivie
    on la r'voit toute , en un clin d'oeil...
    que c'est long , que c'est bref , la vie !
    ainsi chantait le poéte J.R Caussimon , un poème qui s'appelle L'aïeul .
    A nouveau les mots justes Firmin pour que nous ne passions pas à côté de l'écoute , l'écoute des anciens qui ne demandent qu'à partager pour le moment venu se sentir plus légers.
    Videz votre mémoire Firmin ,nous sommes nombreux à vouloir nous encombrer de son contenu .

    By Blogger Marianne, at samedi, juin 09, 2007 11:42:00 PM  

  • Eva, confios cela aux bons soins de Nicolas
    L'Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at dimanche, juin 10, 2007 8:18:00 AM  

  • ERRATUM: Je voulais dire "confions"

    By Anonymous L'Alchimiste, at dimanche, juin 10, 2007 10:52:00 AM  

  • cet après midi j'ai fait le tour du jardin avec mon grand-père Emile qui a 80 ans... c'est le jardin de la maison où il est né et je m'occupe de planter des arbres et de les entretenir depuis plusieurs années déjà...

    Nous avons passé de longues minutes à discuter au pied de chaque arbre (certains ont été planté pour des naissances d'enfants ou de petits enfants, notamment un magnifique marronier planté à la sueur du front dans un sol rocailleux par mon parrain, décédé depuis...)

    J'ai écouté tout ce que mon pépémile m'a raconté, j'ai inscrit ces mots et ces regards dans ma mémoire pendant que les enfants jouaient dans la "cabanne" (les 6 arrières petits enfants étaient là comme presque tous les week end...)

    Il m'a dit, les yeux mouillés :
    - " c'est bon de le voir vivre encore ce jardin... j'ai vu ton père y courrir... je t'ai vu y courrir avec tes frères...et maintenant les petits y gambadent.... si tu savais ce que ça me fait plaisir"

    Mon grand-père ne livre pas souvent ses émotions. Italien, homme pudique. J'ai compris la force de son message...

    Pour me dire au revoir il m'a serré fort dans ses bras.... plus fort et plus longtemps que d'habitude...

    Je referai le tour du jardn à chaque fois que j'irai là-bas dorénavant....

    J'ai pensé à ce qu'a dit Firmin... c'est tellement simple à réaliser et ça fait tellement de bien !

    Pour lui, pour moi.... Merci

    By Anonymous julien P, at dimanche, juin 10, 2007 9:33:00 PM  

  • "Dire adieu" c'est tellement difficile...Je l'ai pourtant fait le 16 août 2006 au soir.

    J'ai accompagné ma grand-mère dans ce qui la terrorisait le plus : la mort. Quelques heures avant elle m'appelait encore "minou", oui, elle m'avait reconnu...ce n'était pas souvent. J'aimais aller la voir au long séjour, je lui racontais ce que je faisais, et elle me répondait parfois...

    Quand je l'ai vu étendue sur son lit, arrivant à peine a respirer, cette vision fut insupportable. Pour soutenir ma maman, je suis retournée auprès d'elles et là naturellement j'ai pris la main de ma mémé, j'ai épongé son front, elle avait chaud...elle partait petit à petit...Je la rassurais, lui disant qu'elle reverrait les personnes qu'elle aimait, qu'elle avait eu une belle vie, et que je l'aimais de tout mon coeur...On était comme dans une bulle, on était toutes les deux, une larme coulant sur sa joue...

    Elle s'est éteinte dans mes bras, en écoutant mes paroles remplies d'amour...

    A 18ans et à n'importe quel âge, il est difficile d'affronter un moment comme celui là, le moment d'une vie où une personne que l'on aime, s'en va...c'est pourtant un instant de ma vie que je n'oublierais pas, qui restera à jamais dans mon histoire et celle de ma mémé...

    Anaïs

    By Anonymous Anaïs, at lundi, juin 11, 2007 1:52:00 PM  

  • "Retournez voir vos grands-parents, de sang ou de coeur. Adoptez-en si vous n'en avez pas..."

    Quel excellent conseil, moi qui me plaignait de ne pas avoir la chance de vivre ces extraordinaires moments alors que ce week end, justement, le pépé (adoré) de ma femme, venait séjourner à la maison.
    Bref l'occasion rêvée !
    Je savais qu'il avait fait la guerre d'Indochine et il a suffit d'une petite question anodine pour effeuiller ensemble le grand livre de sa vie ... ce fut passionnant.
    Comment peut on imaginer qu'un homme de foncièrement gentil, tellement intentionné pour ces enfants et petits enfants (et non pas par intérêt) a été amené à tuer des hommes, et même jusqu'à torturer, par surenchère de supplices entre les 2 camps ...
    J'avais toujours eu envie de lui poser ces questions, mais je n'osais pas et lui de son côté ne voulait pas ennuyer son monde.

    Aux vues de tous ces témoignages, je n'ai pas été le seul à vivre ces moments de grâce, je ne vais pas essayer d'intellectualiser cet évènement, mais votre article est arrivé (pour moi en tout cas) au moment parfait.

    Très sincèrement, merci.

    By Blogger Alak, at lundi, juin 11, 2007 4:26:00 PM  

  • "Quand mon père est mort, j'ai immédiatement songé que je n'avais pas assez profité de lui. J'ai regretté de ne pas avoir parlé davantage avec lui."

    Il existe un club un peu particulier, le club de ceux qui ont perdu leur père. Ceux qui n'en font pas parti peuvent seulement imaginer.
    Pour moi, le futur n'a que peu d'importance si nous ne profitons pas du présent. Rions avec ceux à qui nous tenons, aimons les. Pour en garder de beaux souvenirs qui nous rendront forts pour affronter l'avenir sans eux.

    By Anonymous Sab, at jeudi, juin 14, 2007 9:53:00 PM  

  • Message pour Eva: Je suis en panne d'informatique
    pour un alchimiste ce n'est pas très fort
    L'Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at vendredi, juin 15, 2007 8:35:00 AM  

  • merci à vous Firmin, le grand père que je n'ai pas connu.
    Merci à vous Nicolas l'écrivain que je rêverais d'être.
    Merci à vous les autres lecteurs et correspondants pour vos commentaires.
    Jeune grand mère j'essaie de transmettre ... pour l'instant cela se borne à la recherche des cachettes des escargots... mais je ne désespère pas que cela devienne plus important, il y a déjà tant d'amour...
    Bon vent
    Suzanne

    By Anonymous Anonyme, at vendredi, juin 15, 2007 5:04:00 PM  

  • Dire : "Á dieu", adieu, c’est prendre un risque ! Risque qu’il n’existe pas et que le rendez-vous soit loupé ! Et dieu créa les hommes…. ou les hommes créèrent dieu ?
    L’Alchimiste

    By Anonymous L'Alchimiste, at samedi, juin 16, 2007 7:43:00 PM  

  • Je n'ai jamais connu mes grands-parents et lorsque je vous relis, je mesure la perte que j'ai enduré...

    By Anonymous noir intense 35, at samedi, juin 16, 2007 10:54:00 PM  

  • Merci a vous deux pour ce blog, merci d'etre la avec nous, un peu comme pour une veillée.
    bise

    By Anonymous Tof, at dimanche, juin 17, 2007 9:52:00 AM  

  • bonjour a tous
    je suis comme noir intense, je n'ai pas connu mes grands parents et je l'ai toujours regretté.
    j'ai deux petits enfants 15 et17 ans et je leur raconte ma vie et ceux de mes parents (tout du moins ce que j'en sais car ils n'étaient pas très bavards)car je ne veux pas qu'ils soient comme moi avec beaucoup de lacune dans la vie de mes parents.
    j'aime ce blog et l'amour qu'il dégage.
    d'ailleur je vais le mettre en favoris sur mon blog

    By Anonymous peintrefigurative, at dimanche, juin 17, 2007 11:13:00 AM  

  • Merci Firmin.

    "Une bibliothèque qui brûle, c'est un peu moins grave quand on a tout lu", voila ce que je retiendrai.

    Suivant vos conseils, j'ai été rendre visite à mon grand-père : écouter ses histoires milles fois entendues, rire de ses blagues éculées, parler de tout, de rien... Dans la mesure de ses possibilités, la fatigue le retenant... Pour finalement découvrir un homme dont je connaissais peu de choses.

    Mon grand-père est parti jeudi dernier, tout doucement, la main dans celle de sa femme. Je savais, quand j'étais venu le voir, que ses jours étaient comptés... Le cancer a eu le dernier mot - tout juste un an après sa fille.

    Je n'ai malheureusement pas lu toute la bibliothèque, Firmin. Mais grâce à vous je n'ai pas enterré un inconnu. Je garderai toujours en moi le souvenir de sa joie (contenue, évidemment, en bon Corse qui se respecte) quand je lui ai dit que oui, bien sur, je serais ravi de continuer à faire marcher ses petits bateaux : il était modéliste passionné, passion qu'il m'a transmise il y a déjà longtemps...

    Merci Firmin. Merci Nicolas.

    By Anonymous Jean-Michel, at mardi, juin 26, 2007 11:44:00 AM  

  • merci Firmin
    je suis émue de vous lire ....
    merci

    By Anonymous violine, at dimanche, juillet 08, 2007 1:24:00 PM  

  • Cher Firmin,
    je suis émue de vous lire. Je parle de vous à tout les gens que j'aime. Je leur donne l'adresse de votre blog. C'est une manière pour moi de leur dire toute mon affection à travers vos mots, toutes mes valeurs, tous mes espoirs...
    Je suis animatrice sociale en gérontologie. La science des sciences de l'être âgé ! Mais, cette science, cette sagesse c'est vous Firmin et les vieilles personnes qui l'avaient.
    Je me suis permise de conclure mon mémoire de recherche avec votre texte "La vieillesse est un naufrage".J'espère que vous n'y verrez pas d'inconvénient. Je cite la source dans mon travail.
    Nicolas merci d'avoir encouragé Firmin dans cette voie. Quelle belle preuve d'amour d'un petit-fils à son grand-père. Ah si je vivais près de chez mon pépé j'irai surfer sur votre blog avec lui...
    Vous lire est chaque fois une vague d'émotion... et les mots me manquent... et les larmes montent...Je suis heureuse de partager cela avec vous, auteurs et et lecteurs, frères humains. Ludivine

    By Blogger pierre, at vendredi, août 10, 2007 11:18:00 PM  

  • C'est magnifique; bibliothèque, s'il te plaît, installe-toi près d'une pompe à eau, nous ne sommes pas pressés que tu brûles.

    By Anonymous Isabelle, at vendredi, août 31, 2007 11:04:00 AM  

  • Bonjour Frimin, Nicolas, et tous les autres,

    Je suis une jeune femme de 25 ans.
    Vivant actuellement des moments très difficiles avec mes parents, je suis partie glaner un peu d'espoir sur internet. C'est ainsi que je suis arrivée un peu par hasard sur votre blog.

    Ma famille étant à l'étranger, je ne les ai que très peu connus. Ma famille étant uniquement mes parents, et mes frères/soeurs, nous avons vécus un peu à l'écart des gens. Il y a quelques années je suis partie en ville pour mes études, et c'est ainsi que j'ai fait mes premiers pas dans la vie d'adulte. J'ai beaucoup évolué aussi. J'ai appris à avoir un esprit critique, à tenir debout toute seule, à être autonome dans la vie. De ce fait, j'ai changé.

    Aujourd'hui, ils ne me comprennent plus. Je ne suis plus leur petite fille, qui disait oui à tout ce qu'ils disaient. Je suis la honte de la famille car je ne veux pas suivre le chemin qu'ils ont traçé pour moi. De ce fait, j'ai du mal à construire mon avenir, car ils veulent que je choisisse entre eux et mon futur.

    J'ai mal. C'est un fait, et parfois ça devient tellement difficile de vivre ceci, que je pense à la mort.

    Firmin, tes mots sont de véritables messages d'amour, de tolérance, d'espérance ...
    Tu m'as fait comprendre que même si la vie est parfois injuste, difficile ou compliquée, il faut la vivre. J'aurais voulu que mes parents lisent ce que tu as écrit ici. J'aurais voulu avoir un pépé comme toi.

    Même si je n'ai pas trouvé de solution à cette situation, j'ai de l'espoir. L'espoir de voir un jour mes parents changer d'avis, l'espoir de croire qu'ils évolueront.

    Mes respects et merci du fond du coeur.

    By Anonymous question_importante, at mercredi, décembre 12, 2007 4:01:00 PM  

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