Des livres pour y croire encore...
Quels livres a-t-il aimés ? Quels sont ceux qui représentent quelque chose dans son parcours ?
Nous avons tous des lectures qui nous ont marqués, des livres qui sont pour nous comme des pierres qui jalonnent notre chemin de vie.
Souvent, ce n'est pas qu'ils nous aient montré le chemin. Je crois plutôt qu'ils nous ont en général révélé à nous-mêmes. Les livres que l'on dévore et que l'on relit encore ensuite ne sont pas les mêmes que ceux des autres. Un livre devient magique parce qu'il fait écho à quelque chose que l'on n'avait pas su exprimer, quelque chose qui dormait en nous.
À ce titre, les livres sont des révélateurs de notre humanité. Ils font plus que transmettre.
Les livres font oeuvre pédagogique, car ils vous disent qui vous êtes, en vous aidant à construire une vision du monde qui vous convient.
J'ai, en ce qui me concerne, été conquis par tous les romans de Giono. Je vous en parlerait peut-être une autre fois, tant ils m'ont marqué.
Mais la discussion que nous avons eue sur ce sujet avec Nicolas lui a fait prendre conscience d'une belle chose.
Il n'avait pas réalisé combien tous les livres qui l'avaient touché avaient un point commun.
Ce point commun, c'est l'utopie. Et je dois dire que cela me va bien aussi.
Nous créons donc une petite rubrique dans la colonne de droite avec ces livres, car cette liste pourrait, comme le générique du blog, l'illustrer parfaitement.
Cette solide utopie, qui est peut-être ce qui nous relie, Nicolas et moi. Cette foi déraisonnable dans le sens des choses qui est une part de mon héritage.
Prenons-les donc un par un :
Tout d'abord, ce magnifique Petit Prince
Puis le récent succès de Gaston Kelman : Je suis noir et je n'aime pas le manioc
Un excellent essai, provocateur dans le meilleur sens du terme, contre le communautarisme et le racisme. Ce livre a choqué les conscience bien-pensantes en dénichant le racisme là où personne ne voulait le voir : dans le communautarisme et le refus de l'intégration. Ce livre restera une oeuvre marquante de ces dernières années, il fera date. Il fut un des premiers à rappeler que l'identité d'un homme n'est ni dans ses origines, ni dans sa peau, ni dans ses gènes. Mais bien plutôt dans ses idées et dans ses actes.
Ensuite, un roman peu connu et devenu difficile à trouver, La République selon Malik
Ce roman a raflé 3 prix littéraires dès sa sortie. Il parlait de l'intégration et de la République à une époque où ces sujets étaient presque tabous. Sorti deux mois avant avril 2002, les événements sont venus en échos aux paroles poignantes de son héros, le jeune Malik, amoureux de République comme son père Kabyle et perdu dans une France qui oublie ses propres valeurs. Et une écriture qui met le rire et les larmes au bord des lèvres à chaque ligne.
Puis Sous le signe du lien
Surtout, deux livres d'Howard Buten, l'auteur de « Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué » : Il faudra bien te couvrir
Les deux sont impossibles à décrire. Le premier est une des plus belles histoires que l'on puisse imaginer, celle d'un papa qui a promis à son enfant qui allait mourir que le Père Noël « pourrait exister ». S'ensuit une aventure humaine, dans le plus beau sens du mot. Et le second raconte la vie d'une famille étrange, constituée par un Papa bizarre qui rassemble les enfants handicapés physiques et mentaux les plus divers pour vivre ensemble, comme un Cour des Miracles moderne.
Tout cela avec l'infinie sensibilité d'Howard Buten et son accès si naturel à la naïveté de l'âme d'enfant qui reste au coeur de tous les hommes.
Enfin, puisqu'il est possible de le réserver dès maintenant en langue française, le dernier Harry Potter et les reliques de la mort
Harry Potter est un phénomène littéraire plus important que tout ce qui a été connu auparavant. Il dépasse complètement le monde prétentieux de ceux qui savent et qui critiquent, de ceux qui lisent ces romans froids et sophistiqués dont le Tout-Paris se gauberge. Harry Potter n'est pas seulement un succès populaire, c'est aussi une oeuvre construite, solide et magistrale. Son succès est mérité et rappelle au monde littéraire combien il se coupe lui-même du monde réel.
Harry Potter montre que ceux que les éditeurs ont longtemps méprisés peuvent dévorer des centaines de pages de textes bien écrits, pour peu qu'on sache les intéresser.
On criera au marketing, bien sûr, mais pourquoi d'autres ne le font-ils pas ?
Le peuple sait reconnaître la qualité, dès lors que l'on accepte enfin de lui en proposer.
Ces livres « utopistes » devraient, je le pense, plaire à ceux qui aiment notre blog.
La mort, c'est de ne plus croire en rien.
Et certains livres la font reculer.
Bonne lecture à tous !
