le blog de Firmin

31.8.07

Mes amis...

C'est pour moi une nouvelle forme d'amitié que je ne connaissais pas, mais il faut bien reconnaître que vos témoignages chaleureux, depuis quelques jours, deviennent trop nombreux pour ne pas y croire.
C'est une émotion forte pour un vieux bonhomme qui en a pourtant vu d'autres.

Vous connaissez ma méfiance envers tout ce qui peut ressembler à de la notoriété ou de l'idolâtrie.
Si les pots n'avaient pas d'étiquette, les gens goûteraient plus souvent à de bonnes choses qu'ils ne connaissent pas ! C'est ça qui est embêtant avec les idées. C'est qu'on les confond souvent avec la tête de celui qui les exprime.
C'est la raison pour laquelle j'ai à de multiples reprises désespéré Nicolas. Lui qui était contacté par des journalistes, la télévision, quelques éditeurs... j'ai toujours dit non. Moins nous aurons de visage, plus on verra nos idées.

Et puis, je suis tellement impressionné et étonné par ce que nous avons construit ensemble, comme une chose un peu utopique, que j'y vois beaucoup de fragilité.
Il suffirait d'un journaliste un peu pressé, d'un éditeur trop sensationnaliste, pour gâcher tout ça. Je ne le veux à aucun prix.

Comprenez-moi : vous êtes des centaines (des milliers certains jours), de tous âges, de tous milieux, à participer à ce blog. Certains lisent, d'autres laissent des commentaires, toujours pleins de réflexion, faisant ainsi mentir l'époque qui voudrait que l'Homme ne vive plus que d'argent et de télé.
Ah ! Ce commentaire d'un jeune garçon de 10 ans !
Et ce couple presque centenaire !
Le petit sondage que nous avions fait l'a montré : aucune tranche d'âge n'est plus représentée qu'une autre.
Et cet écart « politique » : de Manu à l'Alchimiste, tout ce monde côte à côte, seuls les extrêmistes n'ont pas trouvé place dans votre assemblée. Toutes opinions politiques confondues, tous âges ensembles, toutes religions mélangées, nous nous sommes reconnus dans quelques idées qui doivent faire avancer le monde : l'Homme au-dessus de tout.
L'Homme, sa liberté de conscience, son égalité profonde, sa fraternité si humaine.

La liberté qui dit que le seul vrai courage est de faire ce qui est juste, au-delà de le penser. Car le seul homme libre est celui qui se lève au milieu de la foule hurlante et dit qu'il ne lancera pas la pierre comme les autres, car il ne pense pas que ce soit juste. Cette liberté qui m'a fait partir, à vingt ans et de nuit, franchir la ligne de la liberté pour rejoindre ceux qui voulaient encore combattre l'infâme, l'obscurité, la soumission à une pensée et une seule. La liberté qui est si exigeante.

L'égalité qui dit que, « loin de me léser, mon frère, ta différence m'enrichit ». Cette égalité qui interdit de dire qu'un homme n'en vaut pas un autre. Cette fragile idée qui sans cesse est combattue par l'avidité des hommes à en dominer d'autres et à ne pas vivre ensemble. Cette belle idée qui justifie notre combat sans fin contre une Nature qui voudrait voir le plus fort réduire le faible à la crainte, à la fuite, à la soumission.

Et la fraternité, si mal comprise, elle qui rend pourtant possible la coexistence de la liberté et de l'égalité, tant l'une et l'autre voudraient s'opposer. Car l'impératif d'égalité impose de limiter la liberté de chacun, et seule la fraternité nous y résout.
C'est cette fraternité qui engendre la solidarité, la cohésion autour des plus faibles, elle qui fait de notre République une république pas comme les autres.

De droite et de gauche, je vous ai vus discuter, commenter ensemble et vous comprendre. Car nous parlions de la seule chose vraiment importante, sur laquelle les hommes et les femmes de bonne volonté sont d'accord : l'humanisme.
Vous m'avez prouvé ce à quoi je ne croyais plus, et cela n'a pas de prix. Merci.

J'ai été maire pendant 30 ans. Je n'étais ni de droite ni de gauche, mon village n'était qu'un village.
J'étais seulement celui qui voit naître, qui marie, et qui écrit les noms de ceux qui nous quittent dans le grand livre de la République.
J'étais celui qui réconcilie, qui rappelle les règles de vie commune, et qui décide de la répartition de la solidarité, à travers l'impôt et les dépenses. J'étais celui qui relie les gens.
J'étais aussi celui qui organise la mémoire. Les commémorations, dans un petit village, sont des moments forts, tant les noms écrits sur les stèles sont connus de tous.
Et puis j'allais voir les autres communes, pour décider ensemble des chantiers communs.
La liberté, l'égalité et la fraternité comme seuls impératifs, et puis la démocratie pour traduire ça dans des règles valables pour tous, sans discrimination.

La République et l'Humanisme, cela pourrait être simple si les passions ne nous emportaient pas, ne nous aveuglaient pas.
Les religions, les vérités révélées et absolues, les évidences, les tabous se mettent souvent en travers de notre route. Ils veulent nous empêcher de chercher toujours et encore ce qui serait plus juste, plus vrai. Ils tremblent lorsque nous saisissons notre règle pour aller mesurer vraiment la réalité, et la connaître nous-mêmes.

Je ne fais vraiment rien d'extraordinaire, vous savez. Je ne suis pas une personne extraordinaire, je vous interdis d'ailleurs de le croire. Je ne fais, avec le recul que m'apporte la tranquillité de mon âge, que vous rappeler les idées qui animaient le coeur des Républicains des origines.
La pensée des Lumières a fait naître quelque chose que le quotidien nous fait vite négliger. Son exigence se rappelle pourtant à nous chaque fois que renaît la bête immonde, celle dont le souffle a empuanté l'air de mes vingt ans.
Nous avons, en tuant des hommes, seulement fait reculer leurs idées. Mais, comme les fauves tapis prudemment à l'écart du feu de nos ancêtres, ces idées inhumaines attendent leur heure.
Ceux qui iront au-devant d'elles éviteront à leurs enfants la guerre que j'ai dû faire. Et les enfants sont tout.

Alors, il faut bouger. Rester humain est un combat permanent et mon âge ne m'en dispense pas.
Parmi les personnes qui ont contacté Nicolas depuis longtemps, il y a un écrivain. C'est le seul qui ne nous ait pas proposé de nous mettre en avant pour « faire un coup », mais vraiment de parler de nos idées.
Nous verrons bien, mais nous sommes plus ou moins d'accord, avec un éditeur qui a la réputation d'aimer les idées et les combats pas gagnés d'avance, pour faire naître une belle chose. Un livre sur l'humanité et sa transmission, qui ira au-delà du blog.
Nous faisons pour l'instant connaissance, et je m'assure surtout que nous nous soyons tous bien compris. Je ne suis pas tout jeune, et il faut aussi penser à ce que cette oeuvre puisse continuer sans moi.
Nous ne sommes que les maillons d'une chaîne qu'il ne faut pas rompre, depuis le tout premier homme qui a aimé dans sa grotte jusqu'à nos enfants qui découvriront des humains ailleurs, en passant par les inventeurs des Droits de l'Homme.

Vu le développement de notre blog, nous avons également proposé au Papa dont nous vous avions parlé de nous rejoindre. Plutôt que de créer son blog, il écrira ici, sous le nom de PapaPoule, avec l'aide de la plume de Nicolas. Nous l'aiderons ainsi plus efficacement.

En-dehors de ces choses, nous continuons comme avant, avec comme satisfaction le fait de se retrouver tous ensemble, si nombreux, autour d'idées justes et capables d'en discuter ensemble en toute fraternité.

Je vous remercie de m'avoir donné cette leçon en étant tous là, quand je ne croyais pas cela possible.

28.8.07

Un an pile

Aujourd'hui, cela fait un an que Nicolas a posté notre premier billet sur le blog

C'était le vent du soir.

C'était le début d'une aventure qui nous a rapprochés encore plus, Nicolas et moi. Une aventure à laquelle je ne comprenais pas grand-chose, puisqu'un blog n'était pour moi rien d'autre qu'un machin qui fait rester les petits-fils près de leur grand-père. Et c'était déjà beaucoup.

Un an après, du chemin a été fait. J'ai l'impression que des graines poussent un peu partout. Votre intérêt pour mes radotages est bien plus grand que je ne l'aurais cru.
Nicolas a désormais sur son magnétophone de quoi vous écrire encore bien des choses.

Je suis très content de tout ça. Très content.
Internet, mais vous le saviez avant moi, c'est une invention formidable, puisqu'elle peut rapprocher les hommes et les femmes de bonne volonté.
Merci d'en être.

Transmettez toujours aux petits enfants la principale chose que la vie m'ait apprise : aucun homme ne vaut moins qu'un autre, jamais.

L'humanité est à ce prix, et l'Humanité ne vit que de ça.

Je vous embrasse bien.

27.8.07

Surprise du matin...

(message de Nicolas, pour une fois !)

Le commentaire de ecaterina ce matin n'a pas été immédiatement clair pour moi.
Elle disait que nous étions « nominés » sur Persoweb.

En effet, cet été, un de nos amis (Jean-Jacques) avait inscrit le blog de Papy pour un concours des meilleurs blogs francophones, d'où l'étrange logo bleu qu'il nous avait demandé de placer en bas de page. Voyant le nombre de blogs inscrits (près de 600), je dois dire que nous avions un peu oublié, d'autant plus que l'été fut particulièrement chargé pour Papy comme pour moi.
En outre, le tout petit nombre de commentaires laissés par les visiteurs sur notre fiche de candidature m'avait laissé croire que nous n'intéressions pas grand monde.

Mais, en lisant le commentaire d'ecaterina ce matin, je suis allé voir.
Elle avait raison : le blog de Papy est un des 25 retenus et soumis au vote du public !
Il figure parmi les 5 finalistes de la catégorie « citoyenneté et vie quotidienne ».

Si vous aimez notre blog, vous pouvez donc aller voter sur cette page, tout en sachant que vous ne pourrez voter qu'une fois par jour jusqu'au 7 septembre.


Je suis très heureux, parce que vous savez que Papy est un peu réticent vis-à-vis de tout ce qui peut ressembler à un journaliste, malgré les contacts que je lui ai parfois soumis. Voilà donc un moyen de faire connaître le blog qui lui déplaira beaucoup moins.

N'hésitez donc pas à faire votre « devoir de lecteur » si le blog vous plaît, chaque matin avant le café !

Merci à Jean-Jacques qui nous a inscrits à ce concours, et à bientôt ensemble, que le blog gagne ou pas.

Merci surtout à tous pour votre fidélité et vos commentaires qui font de ce blog une si belle aventure pour moi depuis un an, jour après jour, mais aussi jour pour jour.

Car demain, 28 août, c'est le premier anniversaire de notre blog.

C'est chouette, non ?

24.8.07

Un vieux, ça pue

Pourquoi les gens ne vont-ils pas davantage voir les vieux ?

Pourquoi nous sentons-nous parfois comme des pestiférés ? Comme des êtres humains de basse caste, dont la rencontre ne fait envie à personne ?

Mon arrière-petit-fils (celui qui fait des prouts sous son bras) m'a donné un jour un élément de réponse.
Alors que je l'embrassais, il s'est reculé d'un coup et a crié d'un air dégoûté : « Papy y sent encore le vieux dentier ! ».
Je suppose qu'il devait répéter des mots entendus dans la voiture familiale au retour d'une visite chez moi, car je serais étonné qu'il sache ce qu'est un dentier !
Depuis, j'apporte un soin très particulier à l'hygiène de mes dents, vraies et fausses. Parce que je tiens aux bisous de mon petit bonhomme.
Et puis aussi, peut-être, à cause de souvenirs lointains d'enfance, dans lesquels me revient l'odeur des vieux qu'on me disait d'embrasser. Alors, je brosse, mais sans grand espoir...

Je me souviens aussi des dames qui piquaient. Il ne fallait pas le dire, sinon mes parents faisaient les gros yeux ! Mais embrasser la vieille tante Machin-chouette, c'était vraiment la punition ultime !

Mais, franchement, regardez-moi bien en face : est-ce qu'on évite vraiment d'aller voir les vieux juste pour ça, juste parce qu'ils sentent le dentier, les cheveux gras et que les vieilles dames piquent ?
Franchement !

Moi, je vais vous le dire, pourquoi vous ne venez pas nous voir.

Vous ne venez pas parce que la mort vous fait peur. Et que, bien que passant vos vies à essayer de songer à autre chose, vous craignez, en nous voyant, de devoir y penser.
Vous êtes gênés, parce que cette question-là plane au-dessus de vous quand vous nous parlez. Elle vous frôle sans cesse et sans prévenir quand nous vous racontons nos problèmes de santé qui n'en finissent jamais. Vous vous défendez en minimisant, en nous disant que ce sont des bobos de rien du tout, mais vous savez bien que nous n'avons pas toujours le billet retour en entrant à l'hôpital.

Et pourtant...
Je suis sûr que, comme moi quand j'étais petit, vos enfants aimeraient jouer sur nos genoux. Ils aimeraient nous écouter raconter l'école d'avant. Les enfants adorent nos histoires d'oranges à Noël et de trajets de 20 kilomètres en sabots soir et matin dans la neige.
Les jeunes adorent les vieux mais la société les en sépare. La société cache la vieillesse pour ignorer la mort avec arrogance. La société se détruit dans cette vaine stratégie de déni.

Laissez-nous avoir une belle mort parmi vous et elle vous fera alors moins peur. Laissez-nous partir comme vous aimeriez partir, et vous y serez mieux préparés. Laissez-nous donner aux enfants ce qui nous encombre tant, cet héritage de mots, d'amour et de pensées, ce lot de souvenirs et de leçons, dont ils feront bien ce qu'ils voudront, comme on casse les jouets de Papa, mais avec lesquels nous ne pouvons pas partir.
Une société qui prive ses aînés de la transmission désoriente ses jeunes.
Une société qui ne passe pas les torches de l'humanité risque de ne plus être humaine.

Laissez-moi caresser la tête de ces petits Noirs nés ici de parents africains, et devenir leur grand-père français. Laissez-moi leur apprendre comment on vit ici, tout ce que leurs parents ne peuvent pas leur dire.
Laissez-moi dire à ces petits Arabes français combien j'ai aimé leurs arrières-grands-pères, et combien leurs visages sur les pentes de Monte Casino ont marqué pour toujours l'âme de leur jeune camarade d'alors. Laissez-moi leur dire ce qu'est la fraternité, moi qui ai tant de frères disparus.

Ce n'est pas l'odeur de mon dentier, même si je sais qu'elle imprègne ma maison, qui vous effraie.
Ce qui vous fait peur, c'est le reflet de vous-même que vous fuyez.
Ce que vous fuyez, c'est l'évidence qui vous fait pourtant hommes et femmes comme moi, cette évidence que je ne fais que vous précéder sur un chemin dont l'issue vous fait peur.

Alors, vous nous laissez partir seuls.
Et, faisant ainsi, vous ne saurez pas apprendre à vos enfants comment vous éviter de partir seuls, à votre tour.
Moi, j'ai Nicolas et ce blog nous rapproche tellement, mais combien n'ont personne ?

On ne passe pas une torche sans s'effleurer la main. La transmission est un geste éminemment humain, peut-être le plus humain qui soit.

Transmettre ne peut se faire qu'à deux.
Les enfants y sont prêts.

Ne nous en privez pas.




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2 livres intéressants :

11.8.07

La mouche et le carreau

La mouche se tape au carreau.

Elle s'envole à nouveau, reprend de l'élan... et finit à nouveau par se cogner contre la vitre.

Une mouche peut faire ça toute l'après-midi. Comme si elle n'avait aucune mémoire. Comme si elle ne tirait rien de ses expériences. On se rassure en se disant que ce n'est qu'un insecte, qu'une toute petite bête qui agit comme un robot, guidée par l'instinct, sans âme ni intelligence comme les Noirs de Valladolid... Bref, rien de comparable à nous.

Et pourtant, tant de gens font comme les mouches. Il y a tellement d'êtres humains dont la vie n'est que la répétition interminable des mêmes erreurs. Tant de gens chez qui la misère ou le malheur s'installent comme une malédiction.
Il y a tant de gens qui se mettent tellement toujours sous les nuages qu'ils croient que les nuages les suivent.

La publicité, la pensée à la mode, tout vous dit qu'il faut « vivre des choses », faire des expériences.
Mais à multiplier les expériences, à se bombarder d'informations et de choses vécues, qu'en tire-t-on vraiment ?

Ce qui compte pour devenir sage, ce n'est pas vraiment ce que l'on vit, mais plutôt ce qu'on en tire.
L'expérience n'est rien sans les leçons qu'on en retient.
Et, pour cela, il faut relire ce que l'on vit.

Envoyez un jeune en Afrique pour aider un village. Ce n'est pas forcément un sage qui en reviendra, si personne ne le pousse à relire ce qu'il a vécu. On peut avoir vécu des choses rares, mais rester totalement vide. Comme la mouche, les expériences se succèderont, parfois jusqu'à la frénésie, mais elles ne feront pas pour autant comprendre la vie.
À quoi sert d'aller en Afrique si l'on en retient juste qu'il y fait chaud ?

Il y a ces enfants à qui l'on bourre la crâne, ne leur reconnaissant aucun droit à la paresse. Les cours de piano succèdent aux cours de japonais, ils ne sont que la peur qu'ont leurs parents de l'échec social, ils ne sont rien d'autre que le fantasme de leurs parents. Ces enfants n'ont pas le temps de relire ce qu'ils apprennent. Ces enfants ne passent pas ces heures sur le lit, à regarder le plafond en y projetant des films qu'ils réalisent eux-mêmes. Ils ne restent pas de longs moments à laisser aller leur imagination, pour découvrir ce qu'ils sont.

Ils deviennent des machines à savoir, et n'ont pas le temps de comprendre.

Le temps de l'expérience ne vaut rien sans le temps de la relecture, celui de la morale où l'on demande à son papy pourquoi les choses sont comme on les a vues.
La mouche ne prend aucun recul sur ce qu'elle vit, elle ne construit rien et n'est pas plus avancée à la fin de l'après-midi, bloquée sur sa vitre.

Pour avoir le courage de faire ce qui est juste, il ne faut pas juste agir. Ce qui demande du courage, c'est peut-être surtout de se remettre en question, pour parfois découvrir qu'on se trompe de voie.
Désapprendre pour reconstruire, à la lumière de son expérience et des leçons que l'on en tire.

Foncer dans la vitre, c'est se soumettre à l'évidence. La vérité n'est pas toujours l'évidence, et il faut accepter d'être surpris par la vérité.

C'est cela qui demande du courage.

Mesurer la réalité avec une règle, c'est aller bien plus loin que la contempler simplement.
C'est cette redécouverte critique des expériences qui permet de trouver sa voie.

Encore faut-il ne pas seulement « vivre des choses », mais descendre ensuite en soi-même pour les relire tranquillement, honnêtement.

Ce droit à la paresse est un droit fondamental de tous les enfants, sous peine qu'ils ne deviennent que des mouches, et pas des Hommes.